‹ Lettres de Chopin et de George Sand, 1836-1839Chapitre 5 sur 49 · George Sand à Eugène Delacroix, à Paris · texte numérisé non relu

George Sand à Eugène Delacroix, à Paris

[avril ou mai 1838].

Mon cher Lacroix,

Je pars demain à cinq heures du matin, je voudrais bien ne pas partir sans vous dire adieu, sans vous parler de Medée,{8) qui est une chose magnifique, superbe, déchirante; décidément, vous êtes un fameux barbouilleur! Pour vous décider à venir-ce soir, je vous dirai que Chopin nous joue du piano en petit comité, les coudes sur le piano, et c'est alors qu'il est vraiment sublime. Venez à minuit si vous n'êtes pas trop dormeur, et si vous rencontrez des gens de ma connais-

(7) George Sand écrivit la Dernière Aldini en collaboration avec ion amant du moment: le jeune auteur dramatique Félicien Mallefille qu'elle avait installé à Nohant en qualité de précepteur de son fils. Sa liaison avec Mallefille ne l'empêchait pas, on le voit, de songer à Chopin.

(8) La - Médée» d'Eugène Delacroix fut exposée au Salon de 1838.

(attribué à Charpentier)

sance, ne le leur dites pas car Chopin a une peur affreuse des Welches. Adieu, si vous ne venez pas, souvenez vous de m'aimer un peu.

George

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