TROISIÈME TABLEAU
(La scène représente un salon, du milieu duquel une corde est tendue. — Vn piano ouvert.)
(JfKe Rosalbaj en manteau de cour, une couronne de roses sur la tête, une robe de tulle blancy un éventail à la main. Elle s'assied au piano, et donne le la. — On entend aussitôt le nocturne à deux voix de Blan* gini : Divinité des cœurs sensibles, ô lune, astre mystérieux. — Applaudissements, criSy trépigne^ ments. — Raymond prend la cantatrice par la main et la présente au public, — Une dame iatour détache le manteau de Rosalba, et l'incomparable personne monte sur la corde, prend son balancier, court, voltige ; elle jette son balancier, saute, salue^ ferme les yeux, les ouvre, et finit par s'asseoir fièrement sur la corde. — Des cris ^enthousiasme éclatent de toutes parts : Hourra ! merveille 1 merveille 1 C'était le mot de la charade. — La toile tombe,)
Rosalba est forcée dé reparaître trois fois avec l'aimable directeur.
Charmante, j'ai compris, j'ai senti Tenivrement du succès public. Jetais émue, mes yeux brillaient d'un éclat plus vif et plus tendre. J'étais ivre de joie. Charmante, d'orgueil, si tu veux. Oh ! si je pouvais dire à une mère raisonnable le
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danger de ces représentations! Si je pouvais déclarer au monde entier que je ne voudrais pas recommencer ce jeu, dans la crainte de développer en moi le goût du théâtre, de tomber dans la catégorie des m arionnet tes I
ïoïïïouse m'a embrassée plus de vingt fois. Le soir, en me couchant, elle m'a fait prendre une petite tasse de fleurs d'oranger (de Toulon) pour calmer mes nerfs; mais ce qui ma fait du bien, c'est d'entendre ces mots ; « C'est fini, Merveille, nous partons demain pour le Château des roses, «
J'ai senti la raison rentrer dans ma tête et la joie dans mon cœur.
Adieu, Charmante; malgré tous mes succès, je me dis toujours ta petite amie.
Merveille,
P- S. — Laisse traîner la charade, tu auras peut-être le plaisir de la voir jouer par tes enfants et de prendre mon rûle, .