Ici., Lettre ii
vains, inconstants, injustes, faux et présomptueux. Laissez le monde être toujours le monde, cest tout dire : aussi bien ne l'empêcheriez-vous pas. Laissez chacun suivre son naturel et ses habitudes, vous ne sauriez les refondre, le plus court est de les laisser et de les souffrir. Accoutumez-vous à la déraison et a Imjustice'. « Est-ce Philinte qui parle ? Non, car ces maxim.es accommodantes ne condamnent que le zèle amer, l'aigreur, le dépit; elles n'expriment pas Tinsouciance, mais la charité toute pratique et le bon sens. Cette connaissance de l'humanité ne doit pas rendre triste et morose. Le christianisme explique la théorie du mal sur la terre. L'homme, faible par luimême, n'est grand qu'avec Dieu, et les misères humaines n'ont eu de Jésus qu'un soupir de pitié.
Ajoutons qu'une affection profonde unissaitFénelon et les personnes qu'il dirigeait. Les théories les plus brillantes et les démonstrations les plus claires demeurent impuissantes sur l'esprit, si le cœur n'est gagné; aussi le pieux directeur s'adresse toujours à la source féconde de toute vie morale et de toute belle action ; il parle au cœur avec son cœur, et rien ne résiste à l'émotion tremblante de l'ami qui se penche attentif sur nos maux pour les guérir, sur nos douleurs pour les endormir, et sur nos doutes pour les illuminer.
Fénelon se reconnaît au bon sens, au bon goût de ses conseils, il a l'esprit juste. Aussi les Lettres de