‹ Lettres de directionChapitre 10 sur 163 · Œuvres complètes, t. VIII, p · texte numérisé non relu

Œuvres complètes, t. VIII, p

pour adoucir sa laideur, et pour avoir de quoi s'en consoler ' w.

La direction de Fénelon, dominée par la poursuite de ce mal invisible, l'orgueil, a un intérêt humain qui nous attache et nous instruit; elle nous montre le moraliste à côté du prêtre. L'étude du cœur met dans cette cure des âmes, à côté des dogmes et des conseils inflexibles de TEvangile, un élément nouveau, la raison.

Le monde n'a pas échappé à la fine observation du moraliste, son regard a démêlé les intrigues des hommes, leurs faiblesses cachées, leurs désirs immodérés. Cette connaissance, il la devait ci une heureuse habitude de réflexion profonde, au commerce des hommes, à l'amitié de tous ceux qui le fréque?^taient.

Le monde est plein de scandales, d'hypocrisies et d'égoïsme. Fénelon le dit bien haut pour préparer l'âme à la lutte et à la paix. « Hélas ! Madame, qu attendiez-vousdes hommes? Vous ne les connaissez donc pas ? Ils sont faibles, inconstants, aveugles : les uns ne veulent pas ce qu'ils peuvent, les autres ne peuvent pas ce qu'ils veulent. La créature est un roseau cassé; si on veut s'appuyer dessus, le roseau plie, ne peut vous soutenir et vous perce la main-. » Pourquoi se plaindre outre mesure des vices du monde? « Laissez couler Teau sous les ponts: laissez les hommes être hommes, c'est-à-dire faibles,

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