‹ Lettres de directionChapitre 128 sur 163 · I. Matth., XVI · texte numérisé non relu

I. Matth., XVI

J'en suis en peine. Je ne le suis pas moins de vous. Ne vous fatiguez-vous plus sur vos paperasses. Faites-vous, pour l'emploi de votre temps, ce que vous savez bien que Dieu demande de vous, et que vous lui avez promis tant de fois ? Ne seriez-vous pas honteux, si vous aviez manqué aussi souvent de parole au dernier de tous les hommes, que vous en avez manqué à Dieu ? Vous dites que vous l'aimez ; est-ce ainsi qu'on aime ses amis, qui ne sont que de viles créatures ? Voudriez-vous les jouer sans cesse par des promesses sans aucun etfet ?Dieudemande-t-il trop en demandant la bonne foi et l'exactitude à tenir parole, qu'un valet de charrue aurait raison de demander ? Que nepréfère-t-on pas à Dieu ! Un détail ennuyeux et plein d'épines, une occupation qui use à pure perte la santé, un emploi du temps dont on n'oserait rendre compte, un je ne sais quoi qui rend la vie obscure et qui dégrade dans le monde, c'est ce qu'on préfère à Dieu. Quel affreux ensorcellement î Priez, humiliez-vous pour rompre le charme ; demandez à Dieu qu'il vous dégage de vos liens de goût et d'habitude. Tournez-vous contre vous-même ; faites des efforts constants et soutenus, défiez-vous de la trahison de votre naturel, de la tyrannie de la coutume, et des beaux prétextes par lesquels on est ingénieux à se tromper. N'écoutez rien ; commencez une nouvelle vie : elle vous sera d'abord dure, mais Dieu vous y soutiendra, et vous en goûterez les fruits. Heureux l'homme qui se fie à Dieu, et non à soi ! Que ne donnerais-je point pour voir un nouvel homme ! Je le demande à Dieu en ce saint temps

OÙ il faut renaître avec Jésus-Christ. Vous le pouvez, vous le devez ; vous en répondrez au maître. Accoutumez-vous, par le recueillement, à dépendre de son esprit. Avec quel zèle vous suis-je dévoué ! (Ml, 391.)

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