‹ Lettres de directionChapitre 13 sur 163 · Id., Lettre 25e · texte numérisé non relu

Id., Lettre 25e

dédaigner la vie quotidienne et ses devoirs d'état. La paix s'en va, les tristesses se multiplient. L'esprit se trouble et ne se supporte pas lui-même : s'il ressent des répugnances au bien, tout est perdu.

Fénelon connaît les excès des néophytes, leur enthousiasme trop éclatant, il les arrête d'une main sûre : « Ne comptez pour rien aussi vos goûts pour une retraite belle en idée '. »

La dévotion ne consiste pas dans l'accomplissement de grandes actions, sinon « il y aurait peu de personnes qui pussent espérer de se sauver. Le salut est attaché à la volonté de Dieu que nous accomplissons. Les plus petites choses deviennent grandes, quand Dieu les demande de nous- ».

Montrer un visa2;e éo:al et un cœur i^racieux à tous les devoirs et à toutes les croix; faire naître, grandir et soutenir l'amour de Dieu, c'est toute la sainteté. Que de fatigues, que de froissements de volonté pour y arriver ! L'âme s'étonne de ne pas toujours trouver les douceurs dans l'oraison ; il faut lui apprendre que la perfection de l'amour est d'aimer sans espérer de consolations. L'âme s'attriste de ses longues distractions dans les prières, mais le temps n'est pas perdu si elle devient plus humble. Les chutes et les rechutes font toucher au doigt notre faiblesse et nous rendent plus appliqués à recourir à Dieu.

Beaucoup de chrétiens s'imaginent que le dévot doit être parfait. Desespérant d'arriver à cet état, car

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