Voyez ci-après, Lettre 12e
ils se sentent faibles et languissants, ils ajournent leur réforme rriorale ou s'abandonnent à leur nature. « C'est par imperfection qu'on reprend les imparfaits \ )) Le dévot tend à la perfection, mais il vit avec sa nature faible et corrompue. La perfection n'est point le privilège de l'humanité. La vie du chrétien est un combat perpétuel. « Rie-n que deux mots. Monsieur, pour vous conjurer de ne vous étonner point de vos faiblesses, ni même de vos ingratitudes envers Dieu après tant de grâces reçues ^ »
L'âme docile à ces enseignements comprend mieux la vie chrétienne ; elle ne regarde plus a la substance des choses qu'elle fait, mais à leur valeur, puisqu'elles sont voulues de Dieu. Elle chante enfin le cantique de l'amour : mon Père, que votre volonté soit faite, et non la mienne ; c'est le terme de la perfection.
Quiconque arrive à connaître Dieu et à l'aimer, n'a rien à désirer, rien à reo;retter. Il a reçu le don suprême qui doit faire oublier tout le reste. L'âme se détache même trop de la terre ; arrivée à un certain degré d'élévation vers Dieu, elle méprise facilement la vie, et c'est alors que Dieu l'y attache par l'idée du devoir. La vie est un office important, quoique bien souvent nous n'en voyicnspas l'utilité. Simples gouttes d'eau, nous nous demandons en quoi l'océan a besoin de nous, l'océan pourrait nous répondre qu'il n'est composé que de gouttes d'eau. Il ne faut donc pas haïr la vie, tout en se détachant des choses de la terre.