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Nécessité et bonheur de souffrir dans cette vie

Je prends part à toutes vos peines ; mais il faut bien porter la croix avec Jésus-Christ dans cette courte vie. Bientôt nous n'aurons plus le temps de souffrir; ce sera celui de régner avec un Dieu consolateur, qui aura essuyé nos larmes de sa propre main, et devant qui les douleurs et les gémissements s'enfuiront à jamais. Pendant qu'il nous reste encore ce moment si court et si léger des épreuves, ne perdons rien du prix de la croix. Souffrons humblement et en paix. L'amour-propre nous exagère nos peines et les grossit dans notre imagination. Une croix portée simplement, sans ces retours d'un amour-propre ingénieux à les augmenter,. n*est qu'une demi-croix. Quand on souffre dans cette simplicité d'amour, non seulement on est heureux malgré la croix, mais encore on est heureux par

elle ; car l'amour se plait à souffrir pour le bien-aimé et la croix qui rend conforme au bien-aimé est un lien d'amour qui console.

Portez le pesant fardeau d'une personne fort âgée qui ne peut plus se porter elle-même. La raison s'affaiblit à cet âge ; la vertu même, si elle n'a été bien profonde, semble se relâcher; l'humeur et l'inquiétude ont alors toute la force que l'esprit perd, et c'est la seule vivacité qui reste. O que voilà une bonne et précieuse croix ! 11 la faut embrasser, la porter tous les jours, et peut-être jusqu'à la mort. Il y a là de quoi faire mourir l'esprit et le corps.

Mais encore est-ce un bonheur et un soulagement que vous ayez des heures libres pour respirer en paix dans le sein de notre Seigneur. C'est là qu'il faut se délasser et se renouveler pour recommencer le travail. Ménagez votre santé. Soulagez même votre esprit par quelques intervalles de repos, de joie et de liberté innocente. Plus l'âge avance, moins il fliut espérer d'une personne qui n'a point de ressources. Il ne faut presque rien prendre sur elle ; mais aussi ne prenez pas trop sur vous. (VIII), 532.)

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