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Le naturel ne se surmonte pds tant iViin coup

Je prie Dieu que cette nouvelle année soit pour vous un renouvellement de grâce et de bénédiction. Je ne m'étonne point de ce que vous ne goûtez pas le recueillement comme vous le goûtiez en sortant d'une longue et pénible agitation. Tout s'use ; un

naturel vif, qui est accoutumé à l'action, languit dès qu'il se trouve dans la solitude et dans une espèce d'oisiveté. Vous avez été, pendant un grand nombre d'années, dans une nécessité de dissipation et d'activité au dehors. C'est ce qui m'a fait craindre pour vous, à la longue, la vie morte d'ici. Vous étiez d'abord dans la ferveur du noviciat, où l'on ne trouve rien de difficile. Vous disiez comme saint Pierre : // est bon que nous soyons ici \ Mais il est dit que saint Pierre ne savait pas ce qu'il disait ; et nous sommes souvent de même. Dans les moments de ferveur, nous croyons pouvoir tout. Dans les moments de tentation et de découragement, nous croyons ne pouvoir plus rien et que tout est perdu. Mais nous nous trompons dans ces deux cas.

La dissipation que vous éprouvez ne doit pas vous étonner : vous en portiez le -fond ici, lors même que vous sentiez tant d'ardeur pour vous recueillir. Le naturel, l'habitude, tout vous porte à l'activité et à l'empressement. Il n'y avait que la lassitude et l'accablement qui vous faisaient goûter une vie tout opposée. Mais vous vous mettrez peu à peu, par fidélité à la grâce, dans cette vie toute concentrée, dont vous n'avez eu qu'un goût passager. Dieu le donne d'abord pour montrer où il mène ; puis il l'ôte pour faire sentir que ce bien n'est pas à nous, que nous ne sommes maîtres ni de l'avoir, ni de le conserver, et que c'est un don de grâce qu'il faut demander en toute humilité.

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