I. II Cor., XII
industrie ce goût sensible. Qu'est-ce que vous voulez aimer. Est-ce le plaisir de l'amour ou le bien-aimé ? Si ce n'est que le plaisir de l'amour que vous cherchez, c'est votre propre plaisir, et non celui de Dieu qui est l'objet de vos prétentions. On impose souvent à soi-même dans la vie intérieure. On se flatte de chercher Dieu, et on ne cherche que soi dans le culte divin. On ne quitte les plaisirs du monde, que pour se faire un plaisir raffiné dans la dévotion ; et comme on ne tient à Dieu que par le plaisir, on ne tient plus à lui quand la source du plaisir tarit. Il ne faut jamais se priver, de ce plaisir par une recherche volontaire des autres plaisirs qui rendent indigne de celui-là; mais enfin, quand ce plaisir manque, il faut continuer à aimer sans plaisir, et mettre la consolation à servir Dieu à ses dépens, malgré les dégoûts qu'on éprouve. O que l'amour est pur quand il se soutient sans aucun goût sensible ! O que tout s'avance quand on est tenté de croire tout perdu î O que l'amour souffrant sur le calvaire est au-dessus de l'amour enivré sur le Thabor ! On ne peut guère compter sur une àme qui n'a point encore été sevrée du lait des consolations spirituelles.
Je ne veux plus que vous soyez une dame sage, forte et vertueuse en grand : je veux tout en petit. Soyez une bonne petite enfant. (VIII, 560.)