‹ Lettres de directionChapitre 40 sur 163 · I. Luc, XVII · texte numérisé non relu

I. Luc, XVII

Souvenez-vous, madame, qu'il nous a dit dans l'Evangile ' que celui qui serait infiàèle dans les petites choses le serait aussi dans les grandes^ et que celui qui serait fidèle dans les plus petites le serait aussi dans les plus considérables. Il me semble qu'une âme qui désire être très sincèrement à Dieu, n'examine jamais si une chose est petite ou grande. Il lui suffit de savoir que celui pour l'amour duquel elle le fait est infiniment grand, et qu'il mérite que toutes les créatures soient uniquement occupées à lui donner la gloire qui lui est due, et qu'on ne lui rend que dans l'accomplissement de sa volonté.

Pour vous, madame, je crois que vous devez recevoir vos croix comme votre principale pénitence; les importunités du monde doivent vous détacher de lui, et vos misères doivent vous détacher de vous. Portez en paix ce fardeau perpétuel, et vous ne cesserez d'avancer dans la voie étroite. Elle est étroite par les peines qui serrent le cœur ; mais elle est large par l'étendue que Dieu donne au cœur par le dedans. On souffre, on est environné de contradictions, on est privé des consolations même spirituelles ; mais on est libre, parce qu'on veut tout ce qu'on a, et on ne voudrait pas s'en délivrer. On souffre sa propre langueur, et on la préfère aux états les plus doux, parce que c'est le choix de Dieu. Le grand point est de souffrir sans se décourager. (VIII, 605.)

Page 1