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Ménager sa santé pour le service de Dieu

Avril 169 1.

J'apprends, madame, que votre santé ne se rétablit point, et j'en suis dans une véritable peine. Je sais, par mon expérience, combien les maux d'épuisement viennent d'une manière insensible, et à quel point ils sont opiniâtres. Il y a je ne sais combien d'années que je languis, pour avoir négligé ma santé dans ma première jeunesse. Votre santé ni votre vie ne sont pas à vous, madame : c'est un dépôt confié, et vous devez en prendre le même soin que vous prendriez de celle d'un autre dans le même cas. Quand on fait autrement, ce n'est pas détachement de soi, c'est défaut de

I. Fénelon, dès son entrée à la Cour, plutàM^ede Maintenon. Personne ne pouvait être inditîérent au mérite d'un homme dont l'imagination brillante et la conversation toujours animée ne s'écartaient jamaisdu bon goût et de la parfaite raison. L'affaire du Quiétisme sépara pour toujours ces deux grands esprits. Ce fut un coup terrible pour l'un et l'autre. L'épouse du Roi avait montré à Fénelon une confiance qu'elle n'éprouva jamais pour aucun autre au même degré. (Voyez Fnz^'/o;/, directeur deconscience, Livre V, ch.2.)

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