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AU DUC DE BEAUVILLIERS III

temps ; ne le gênez point ; ne lui faites point de morales importunes : dites-lui simplement, courtement et de la manière la plus douce, les vérités qu'il voudra savoir. Ne lui en dites jamais beaucoup à la fois : ne les dites que selon le besoin et l'ouverture de son cœur. Tenez-vous à portée de pouvoir, dans la suite, devenir un lien de concorde entre lui et M'"^ la duchesse de Bourgogne, si la Providence y dispose les choses : soyez de même à l'égard du Roi.

Ce que je vous demande instamment, et au nom de Dieu, c'est de veiller pour tout ce qui a rapport à la religion, et d'être l'homme de Dieu pour écarter tout ce qui peut augmenter le danger de l'Église. Mais ouvrez-vous à très peu de personnes là-dessus ; et agissez en silence pour tâcher de saper les fondements d'une cabale si accréditée.

La bonne petite duchesse me paraît aller bien droit devant Dieu, selon sa grâce : elle est simple, elle est ferme. Comme elle est bien détachée du monde, elle voit par une sagesse de grâce ce qu'il y a à voir en chaque chose. Le pays où vous êtes court risque de les faire voir autrement. Si on n'y a point de désirs, du moins on y a des craintes ; et en voilà assez pour donner des vues moins pures ; on se fait des raisons pour se flatter dans ses petits attachements. Je prie Dieu qu'il vous garantisse de tels pièges : moriamiir in siniplicitate nostra \ Nul terme ne peut exprimer, mon très bon et très cher duc,

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