La piété par Vamour
4 novembre 1703.
Je profite avec beaucoup de joie, mon bon duc, de l'occasion de M. de Denonville pour vous souhaiter santé, paix, joie et fidélité à Dieu, avec largeur de cœur dans toutes les épines de votre état. Plus les affaires deviennent difficiles, plus vous devez y agir avec foi.
N'hésitez point par respect humain ; ne prenez aucun parti, ni par timidité naturelle, ni par un certain sentiment soudain, qui pourrait ne venir que de vivacité d'imagination ; mais par la pente du fond de votre cœur devant Dieu seul, après que vous avez écouté sans prévention les raisons des hommes. Ménagez beaucoup votre santé qui est très délicate, et qui pourrait très facilement s'altérer. Xon seulement l'effort d'un grand travail épuise, mais encore une suite d'occupations tristes et gênantes accablent insensiblement. L'ennui et la sujétion minent sourdement la santé. Il faut se relâcher et s'égayer ; la joie met dans le sang un baume de vie. La tristesse dessèche les os ; c'est le Saint-Esprit même qui nous en avertit \
Je suis ravi de tout ce que j'entends dire de Mgr le D. de B. {duc de Bourgogne'). Tâchez de faire en sorte que ceux qui en sont charmés à l'armée le retrouvent le même à la cour. Je sais qu'il y a des différences iné-