‹ Lettres de directionChapitre 63 sur 163 · AU DUC DE BEAUVILLIERS I · texte numérisé non relu

AU DUC DE BEAUVILLIERS I

qu'à sa bonne conduite et à ses talents, comme si on était un particulier ? Mais quel malheur si on s'appuyait sur ce faible roseau ! L'estime des hommes vains est vaine, et elle se perd en un jour. Si ce prince était livré à son propre cœur, loin de Dieu et de l'ordre des grâces qu'il a éprouvées, tout se dessécherait pour lui ; et le monde même, qui lui aurait fait oublier Dieu, servirait à Dieu d'instrument pour le venger de son ingratitude. J'aimerais mieux mourir que d'apprendre jamais une si déplorable nouvelle. Il est certain qu'en manquant à Dieu, il tomberait dans un état où il manquerait ensuite bientôt au monde et où le monde se dégoûterait promptement de lui.

Puységur a passé ici, et m'a dit diverses choses qui m'ont paru fort bonnes. Il est capital, si je ne me trompe, que vous preniez des mesures justes pour la campagne de M. le duc de B.

Je vous envoie une lettre de M. de Bagnols, qui est charmé d'une réponse que vous lui avez faite. Je ne sais rien sur les affaires ; mais, quoique M. de Bagnols ne soit pas sans défaut, il me paraît avoir la tète bonne, et ses lumières méritent qu'on les reçoive avec attention. Il voit de près, et voit fort bien.

Pour moi, je ne vois rien, et ne veux rien voir que Dieu qui est tout, et les hommes rien. C'est dans notre tout, mon bon duc, que je serai tout dévoué à vous et aux vôtres jusqu'à la mort. (VII, 240.)

Fénelox. — Lettres de direction.

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