‹ Lettres de directionChapitre 69 sur 163 · Confess., lib. viii, cap. xi, n · texte numérisé non relu

Confess., lib. viii, cap. xi, n

les maux de la vie. Ainsi, les maux se changeront en biens; les maladies, les contradictions, les travaux épineux, la mort même, tout deviendra bon : car tout se tourne à bien, comme dit saint Paul', pour ceux qui aiment Dieu. Eh ! pourquoi ne l'aimeriezvous pas, puisqu'il vous aime tant ? Avez-vous trouvé quelque chose de plus doux à aimer et de plus digne de votre amour ? Le fantôme du monde va s'évanouir; cette vaine décoration disparaîtra bientôt; l'heure vient, elle approche, la voilà qui s'avance, nous y touchons déjà ; le charme se rompt, nos yeux vont s'ouvrir; nous ne verrons plus que l'éternelle vérité. Dieu jugera sa créature ingrate. Tous ces insensés qui passent pour sages seront convaincus de folie : mais nous, qui aurons connu et goûté le don de Dieu, nous laisserons-nous envelopper dans cette condamnation ? Mais vous, monsieur, fermerez-vous votre cœur, ou ne l'ouvrirez-vous qu'à demi, pendant que Dieu vient lui-même avec tant de patience vous le demander tout entier ? Quel est, dit Jérémie, de la part de Dieu % l'époux qui n'a horreur de son épouse, quand il la voit infidèle courir avec impudence après des amants? Croyez-vous, dit-il, que l'époux la reprenne, si elle revient à lui après tant d'abominations ? El moi, continue-t-il, ômon épouse, ô fille d' Israël, quoique tu aies abandonné mon alliance, quoique tu aies violé scandaleusement la foi nuptiale, quoique tu aies couru dans tous les chemins après des amants étrangers ; reviens, reviens, ô mon épouse,

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