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De l'esprit de paix

A Cambrai, 3 mars 1713'.

Je ne puis, madame, laisser partir M. Dupuy "" sans vous dire combien je suis souvent occupé de vos peines, et en crainte pour votre santé. Je connais la bonté de votre cœur et la vivacité de vos sentiments. L'embarras de vos affaires rouvre souvent toutes vos plaies. Il n'y a que Dieu seul qui puisse vous calmer. Il veut néanmoins donner la paix sur la terre aux hommes de bonne vclonté. Il faut donc que tous nos soins et tous nos désirs ne troublent point cette paix intérieure, qui est le don de Dieu. Travaillons, prions, mais possédons nos âmes en patience, et laissons-nous posséder par l'esprit de paix. Encore un peu et tout ce qui nous reste ici-bas autour de nous va s'évanouir. Nous suivrons bientôt ce que nous regrettons. Il ne s'agit que d'en imiter les vertus. Usez de ce monde comme n'en usant pas ; ce n'est qu'une figure qui passe dans le moment où l'on croit en jouir. Elle

être. La duchesse de Chevreuse mourut en 1732, et déjà il y avait les éditions d'Anvers, 1718, et de Lyon, 1719, où nous pouvons lire la lettre du 28 juillet comme nous la voyons imprimée dans les éditions actuelles. « M. » devint par la suite « Monsieur ».

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