‹ Lettres de directionChapitre 95 sur 163 · Exhortation à rei'enir à la religion · texte numérisé non relu

Exhortation à rei'enir à la religion

Vous m'avez oublié, monsieur ; mais il n'est pas en mon pouvoir d'en faire autant à votre égard. Je porte au fond du cœur quelque chose qui me parle toujours de vous, et qui fait que je suis toujours empressé à demander de vos nouvelles : c'est ce que j'ai senti particulièrement pendant les périls de votre campagne. Votre oubli, bien loin de me rebuter, me touche encore davantage. Vous m'avez témoigné autrefois une sorte d'amitié dont l'impression ne s'efface jamais, et qui m'attendrit presque jusqu'aux larmes, quand je me rappelle nos conversations : j'espère que vous vous souviendrez combien elles étaient douces et cordiales. Avez-vous trouvé depuis ce temps-là quelque chose de plus doux que Dieu,

1. Jules- Armand Colbert, marquis de Blainville, frère de la duchesse de Beauvilliers (1664- 1704). Lieutenant-général, il mourut des blessures qu'il avait reçues à la bataille d'Hochstedt. Les éditeurs des œuvres de Fénelon font adresser toute une série de lettres à « un militaire et à un ami » (VIII, Lettres spirituelles, LXVI à LXXXV). Plusieurs indications nous portent à croire qu'il s'agit bien du quatrième fils du grand ministre. Nous avons découvert à Dampierre l'original des Lettres LXXIV à LXXV ; elles sont adressées au marquis de Blainville.

Page 1