‹ Lettres de divers particuliers au chevalier de Lévis [microforme]Chapitre 12 sur 54 · JUIL · texte numérisé non relu

JUIL

1 cinq sus de esseins saison

A Montréal, le 15 septembre 1759.

J'ai reçu un instant avant votre départ un courrier de l’Ile-aux-Galops, Jens l'honneur d'aller chez vous pour vous en communiquer les dépêches ; et, comme le temps ne me permettoit pas de faire aussi promptement des extraits de tout ce qu’elles concernoïient, que votre domestique demandoit, je pris le parti de lui remettre une lettre pour vous, par laquelle je vous marquois que sous deux heures j'expédierois un courrier pour Québec.

Vous trouverez ci-joint, Monsieur, une lettre de M. de Beauclair, avec un mémoire qu'il a présenté à M. le chevalier de La Corne, relative aux instructions que vous avez données à ce commandant, Il entre dans le détail des opérations à faire en conséquence ; mais il parott que M. le chevalier de La Corne craint la division de ses forces, Cependant il dit dans sa lettre que sa disposition est telle que vous l'avez ordonnée, Je la joins ici. Vous y verrez encore que les sauvages de ce poste ne sont pas dans les plus favorables dispositions, surtout le Grand-Onéyout.

M. le chevalier de Pinsens a aussi présenté à M. le chevalier de La Corne un autre mémoire relatif à la défense de la première ligne, et demande à ce commandant d’être chargé de l'exécution ; mais j'ignore si sa demande lui a été accordée,

M. Desandrouins marque que sa place est à cinq pieds de hauteur partout, que les terres deviennent rares et qu’ils seront obligés de se resserrer les uns sur les autres pour en trouver; que M. de La Corne se donne tous les soins possibles pour les camps du dehors et que M. de Beauclair est aussi assidu qu'eux sur les travaux, et qu’enfin tous ces messieurs sont très zélés pour l'exécution de votre projet de défense, persuadés qu'ils sont qu’il ne peut y en avoir un meilleur.

Le sieur La Force, par sa lettre du 12, marque qu'il a été jusqu’à la vue de Niagara, qu'il n’y a point vu de tentes hors du fort, mais seulement une garde au petit marais, à l'entrée du bois; que le fort lui a paru bien rétabli et tel qu'il étoit avant sa prise; que le 10, à deux heures après-midi, il a pris connoiïssance du fort Chouaguen ; que ce qu'il a vu a plutôt l'air d’une ville que d’un camp, y ayant beaucoup de maisons grandes et des tentes; que où étoit le vieux fort Ontario, il y a une grande maison autour de laquelle il a aperçu quelques cabanes sauvages; qu'étant mouillé le 11 avec M. de La Broquerie entre les Iles-aux-Galops, celui-ci envoya son canot avec quatre hommes, à une petite île pour faire du bois, qui furent pris par environ deux cents hommes qui étoient embusqués dessus, lesquels se rembarquèrent dans dix-huit berges, lesquelles se sont retirées dans la petite rivière Lecomte, où M. de Langy croit les avoir vues. Le grand calme a empêché les sieurs La Force et La Broquerie de les suivre,

‘ Je vous prie de faire part de ma lettre à mon frère,

re,

LETTRES DE DIVERS PARTICULIERS 5l

le temps ne me permettant, pas de lui détailler les nouvelles.

J'ai l'honneur d’être bieu respectueusement, etc.

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