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permettra sous dix à douze jours. Je ferai de mon mieux pour vous soulager dans bien des menus détails qui ne font que vous prendre du temps. J'ai eu l’honneur de vous écrire hier par le valet de mon beau-frère qui est allé le joindre à Saint-Jean, Vous recevrez cette lettre dans le même temps que celle-ci. Il ne tient pas à moi que vous n'ayez votre nécessaire pour tout ce qu’il faut à l’armée. Je le fais bien partir d'ici, mais l'on ne suit pas les ordres que je fais donner à Saint- Jean et à Chambly; je les ferai réitérer si souvent qu’à la fin ils seront exécutés.
Il part démain soixante-dix-huit hommes des bataillons des troupes de terre avec cinq cents Montréalistes qui vont les suivre et partir avec eux. Nous avons aussi près de sept cents recrues en route conduites par des officiers.
Nous venons d'avoir quatre jours de nord-ouest, qui ont jeté dans la rivière Chambly dix à douze barques chargées de provisions pour Carillon, M. Bigot s’est transporté sur les lieux dans tous les entrepôts jusqu’à Saint-Jean ; il y a mis l’ordre, et vous vous apercevrez de sa visite, Je n'ai pu l'accompagner, parce que j'étois nécessaire ici.
J'ai grand’peur que nous n’ayons que trop bien jugé de l'opération de M, de Montcalm. J’en ai conféré avec M. Bigot qui le craint aussi. Il n’y a pas de votre faute ni de la rmienne ; si l’on eût voulu nous croire, l'affaire seroit finie.
Rien de nouveau ici qu’un bateau de l’Ile-Royale qui nous apprend qu'il y a six vaisseaux anglois qui croisent
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LETTRES DE DIVERS PARTICULIERS ü
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devant Louisbourg, mais fort mal armés. M. de Beaussier pourroit bien les prendre.
Ma femme, dont je recois dans le moment une lettre, me charge de vous dire mille choses pour elle et combien elle est charmée que j'aille vous rejoindre. Elle a reçu une lettre du chevalier de Rohan (?) qui lui fait grandement votre éloge. Ce n’est pas étonnant, l'ayant connu de bon discernement.
Permettez-moi, Monsieur, de mettre sous votre couvert une lettre pour M. de la Colombière, qui lui est de conséquence, Je vous serai obligé de vouloir bien la lui faire remettre, et d'en envoyer la réponse sous le couvert de Pénisseault. Je souhaite qu’il réussisse dans la découverte qu’il va faire dans le lac Saint-Sacrement.
Continuez-moi, je vous prie, Monsieur, l'honneur de votre amitié ; je me ferai toujours un point essentiel de la mériter par les sentiments les plus vifs du respectueux attachement avec lequel j'ai l'honneur d’être, etc.
PEAN.
P, S, — Bien des amitiés, je vous prie, à M. de Fontbrune ; votre hôte, Pistolet, a été deux fois commandé, et je l'en ai tiré, m'ayant dit que vos effets demandoient sa présence,
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A Montréal, le 26 juillet 1756.
Je reçois, Monsieur, la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire au moment du départ de M. de
Bleury. J'ai fort grondé le sieur Pénisseault, mais il m'a dit que l'on ne faisoit que de la lui remettre. J'ai toujours un nouveau plaisir d'apprendre de vos nouvelles, et c'est en conséquence que je vous ai prié aujourd’hui de ne m’en pas priver,
J'ai vu votre ordre de bataille que M. de Vaudreuil a trouvé au mieux, Il [ne] s’y connoîtroit pas, s’il en étoit autrement ; vous avez pourvu à tout. Je pense comme vous qu'il pourroit vous devenir utile; cela ne m'empêcheroit pas de vous joindre le plus tôt qu’il me sera possible, ne faisant cette route que pour vous, Monsieur; et je me fais un véritable plaisir du séjour | que j'y ferai. Je tâcherai de vous porter de bonnes provisions. Il est certain que l'ennemi ne peut venir devant vingt jours, et vous aurez [le] fort plus en état et mille hommes d'augmentation. Je vous en mènerai encore avec moi quelques-uns de choix.
M. de Montcalm n'a été que trois jours ici. Il doit être au fort Frontenac actuellement et ne tardera pas à être en route. Plaise au ciel que nous nous trompions ! Je crois que vous avez besoin de presser les travaux, quand bien même l'ennemi ne viendroit pas; la campagne en seroit moins longue,
Il paroît que les Anglois qui ont défait vos deux bateaux, se sont servis des mêmes bateaux qu'ils ont trouvés le long du lac, où il y en a beaucoup. Si vous en eussiez été informé, vous eussiez donné ordre au détachement que vous envoyez battre ces parties, dé les ramener à Saint-Frédéric et de couper ceux qui seroient trop mauvais.
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Je souhaite que la Colombière fasse quelque chose ; cela nous donneroit des nouvelles. Quant à l'ennemi, je suis bien persuadé que vous le traiterez au mieux, s’il veut venir, Je vais redoubler pour avoir mon congé, et me mettre à même de vous convaincre de toute la vivacité du respectueux attachement avec lequel j'ai l’honneur d’être, etc.
A Montréal, le 7 août 1756.
J'ai reçu avec le plaisir ic plus sensible la lettre que vous m'avez fait l'honneur de iv’écrire du 2 de ce mois, Je suis l’on ne peut plus reconnoissant des marques d'amitié que vous m'y donnez,
Je serois certainement avec vous si l’on eût voulu me laisser partir. Après m'en avoir donné toute l’espérance, l'on m'a signifié que je ne me mettrois en route que lorsque nous aurions des nouvelles de M. de Montcalm, J’en suis fort fâché ; car réellement je me faisois une joie véritable de servir sous vos ordres. Je compte cependant que dans dix à douze jours l'affaire sera décidée du côté de Chouaguen, à bien ou à mal. Il ne paroît pas qu’il y ait plus de monde dans cette partie.
MM. de Charly, de Langy et un capitaine de Roussillon doivent vous avoir mené près de cinq cents hommes de renforts depuis l’arrivée de Méloises. Ce sont tous [des hommes] de Montréal ou soldats de vos troupes ; ainsi vous aurez plus de monde pour vostravaux,
M. de Vaudreuil ne pouvoit que trouver très bien vos dispositions, il a eu cela de commun avec tous ceux qui les ont vues. Le général vous donne ordre d'aller avec mille à douze cents hommes au fort du lac Saint- Sacrement, pour leur donner à craindre une diversion. Cela n’étoit pas de mon avis, je n’aurois pas voulu que vous y fussiez été vous-même. A la bonne heure d’y envoyer un gros détachement! Mais, puisqu'il l’a fait, je vous conseille de mener avec vous le plus de monde que vous pourrez, et de prendre, par préférence, les miliciens de Montréal et tout ce que vous aurez de meilleur, tant dans vos troupes que dans les nôtres.
. Mais, sur toute chose, ne vous exposez point; votre tête est chère à la colonie, et bien plus à ceux qui vous sont attachés, parmi lesquels je dispute la première place. Ce mouvement n’est que pour diviser l'ennemi. Je le crois trop tard ; mais vous n'êtes pas tenu à attaquer, à moius que vous ne voyiez beaucoup d'avantage. Faites toujours trier ce que vous aurez de meilleur, et songez que, plus vous aurez de monde, et plus vous serez en sûreté. Vous ne devez pas être longtemps dehors ; ainsi ne surchargez pas vos soldats de vivres. Je voudrois bien être à même de partager avec vous la fatigue que vous allez essuyer, et je serois ravi si je pouvois la diminuer, Dès que vous serez en avant, il n’y aura plus rien à craindre pour les camps du chevalier de La Corne et de M. de Contrecœur; vous y pourrez prendre les meilleurs hommes, J'ai été bien touché de la perte de ce dernier ; ce sont des coups bien
forts à supporter. La pauvre femme est dans un état déplorable,
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M"° Péan vient de me tomber sur le corps ; elle est arrivée hier à neuf heures du soir, en poste. Elle-a fait la route en deux jours. Je suis dans les frais de renouveler des noces. Elle me charge de vous dire mille choses pour elle, et vous lui avez plu si fort que je crois qu'elle me verroit partir avec plaisir pour vous aller rejoindre, Je vous prie d’être bien persuadé qu'elle ne me retardera pas, et que, dès que j'aurai mon exeat, je vous rejoindrai bien vite.
Je vous serai bien obligé de me faire part de vos dispositions en conséquence de l’ordre de M. de Vaudreuil, du monde que vous emmènerez et du temps que vous compterez être dehors. 11 n’est pas nécessaire que vous marquiez la quantité à d’autres qu’à moi que’ vous emmèncrez. Mais, sur toute chose, prenez le plus gros que vous pourrez, tous les sauvages. Ne vous exposez point, et soyez, je vous en supplie, bien convaincu de mes sentiments de respect et du plus vif attachement,
(Sans signature).
P. $. — Nous avons un vaisseau au Bic où il ya soixante à quatre-vingts volontaires; nous ne savons pas son nom. Vous serez à même d'écrire en France à votre retour, parce qu’il partira un vaisseau après l’expédition de Chouaguen, à bien ou à mal.
Il nous est arrivé de la mélasse; je vous conseille d'ordonner que l’on fasse de la bière partout; cela rafraîchira votre arinée,
A Montréal, le 11 août 1756.
J'ai vu les lettres que vous écrivez, Monsieur, à M. de Vaudreuil ; il paroît qu’il doit y avoir beaucoup de monde du côté de Saint-Frédéric où vous êtes. Cependant nous avons ici interrogé les prisonniers anglois qui paroissent fort peu instruits. Ce capitaine est un habitant qui étoit sergent l’année dernière au fort Georges. Il ne parle que sur des ouï-dire, Cependant M. de Vaudreuil a trouvé au mieux votre lettre, et pense très fort qu'ils viendront à votre camp. Ila donné ordre, qu'aussitôt après la prise de Chouaguen (si nous pouvons y réussir, ce qu'il y a tout lieu d’espérer), qu’il partit sur-le-champ deux bataillons qui iront vous rejoindre, et que M. de Montcalm, avec le troisième, des sauvages et Canadiens, resteroit au fort jusqu’à ce qu'il fût entièrement évacué des vivres et de toutes les munitions de guerre, ensuite placeroit deux piquets de ce dernier bataillon à Niagara, deux à Frontenac, et s’en reviendroit ensuite à Montréal. La prise de Chouaguen doit être décidée dans quatre jours, ou elle ne le sera pas, et dans ce dernier cas, Monsieur le général donne ordre à M. de Montcalm d'envoyer un bataillon à Niagara, de venir à Frontenac avec le second et de vous renvoyer sur-le-champ le troisième. Voilà les dispositions actuelles qui sont encore susceptibles de changement.
Vous ne pouvez trop accélérer vos ouvrages. Encore quarante hommes de troupes que vous mène M. Drouil-
7, à Loup êtes.
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lon ; et M. Bailleul doit vous avoir rendu cent soixante recrues qui seront bonnes à travailler, Il nous en est encore arrivé dans le Londonois quatre - vingt - dix hommes qui vont vous passer incessamment,
Je ne vous porlerai point des nouvelles ni de la déclaration de guerre de la part des Anglois; Monsieur l'intendant vous envoie des copies de ce qu’il a reçu, à ce qu'il m'a dit, .
Nous avons un traité offensif et défensif avec la reine de Hongrie, ce que l’on juge de très bon augure pour nous.
Il est entré à Brest soixante-six vaisseaux suédois chargés de bois de construction. L'on pense que nous aurons les vaisseaux et les hommes.
Port-Mahon n'étoit pas pris; mais la cour pensoit qu'il ne tarderoit pas. M. de La Galissonnière a délabré et mis en déroute la flotte angloise; il étoit entré à Port-Mahon et devoit en repartir pour chercher l’'Anglois.
L'on fait chercher une enclume et un soufflet. Le garde-magasin dit cependant qu’il en a envoyé un ces jours derniers.
Je vois encore mon départ retardé de quelques jours, d'abord parce que M. de Vaudreuil ne le veut pas que la transposition des troupes ne soit faite, et j'ai un mal de reins depuis quatre à cinq jours qui imn’empêche de pouvoir marcher, Je pense cependant que cela ne sera rien et que j'aurai bientôt le plaisir de vous embrasser, de vous réitérer les assurances de mon respectueux attachement,