‹ Lettres de divers particuliers au chevalier de Lévis [microforme]Chapitre 16 sur 54 · FES · texte numérisé non relu

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Ma femme qui est ici me charge de mille choses pour vous; elle est venue me trouver dans un mauvais temps, vu mon incommodité, lermettez que M. de Fontbrune trouve ici mil’: assurances d'amitié,

Je vous serai bien obligé de faire demander à M. de la Colombière s'il a fait réponse à la lettre que je vous avois prié de lui faire remettre, IL part aujourd’hui trente sauvages du Lac,

(Sans signature).

A Montréal, le 14 août [17561].

Bleury est arrivé ce matin, qui ne m'a pas apporté de vos lettres. Je les ai fait chercher partout; mais il ne s’en est point trouvé. Vous aurez su que nous avons eu trois Canadiens de tués près de Saint-Jean, et Dieu veuille que nous n’en ayons point eu d’autres à Saint- Frédéric, Bleury assurant avoir entendu neuf coups de canon de ce fort, étant dans le Lac. Il faut bien s'attendre qu’ils tâcheront de se dédommager des coups que l’on fait tous les jours sur eux,

Je souhaite que vos deux «! vous amènent des prisonniers, pour «{ue tr informé de ce qui se passe, : igé ren faire part.

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guen, Il doit à present être pris ou manqué, M. de

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Montcalm étant parti du 4 du fort Frontenac, il n’avoit que vingt-cinq lieues à faire. Il y a eu des temps faits exprès, des calmes et des nuits magnifiques depuis son dépait,

M. de Vaudreuil a donné ordre à ce général, aussitôt après la prise de Chouaguen, de faire partir un bataillon qui se rendra en droiture à vos ordres, sans arrêter à Montréal ; il doit descendre à la Prairie et de là passer par terre à Saint-Jean,

Nos lettres n'auront point trouvé M, de Bleury ; vous les aurez reçues par M. Bailleul qui vous mène des recrues,

Il seroit bien à souhaiter que l’on pût défaire quelques-uns de ces petits partis anglois ; ils n’oseroient plus se mettre en route,

Ma santé est bien dérangée depuis douze à quinze jours ; je la rétablirai cependant pour aller vous joindre aussitôt l'affaire de Chouaguen finie. Le plaisir que je m'en fais me fera plus d'effet que tous les remèdes des apothicaires, Donnez-moi, je vous prie, de vos nouvelles, et soyez bien convaincu du vif et respectueux attachement avec lequel j'ai l'honneur d’être, etc,

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P.S.— Mille assurances d'amitié, je vous prie, à M. de Fontbrune.

Montréal, le 19 août 1756.

Enfin, Monsieur, voilà Chouaguen pris sans beaucoup de peine, puisque nous n’y avons perdu que trois hommes, dont M. Des Combles, ingénieur, a été malheureusement du nombre, et par un coup des plus tristes : étant derrière un arbre à relever le fort, un Népissing l’a pris pour un Anglois et l’a tué d’un coup de fusil.

Le fort n’a tenu que trois heures après que nos batteries ont été placées. L'on prétend qu’il y avoit dix-huit cents hommes ; le commandant y a été tué,

L'on y a trouvé pour trois à quatre mois de vivres à quatre mille hommes, beaucoup de poudre, soixante U à quatre-vingts pièces de canon, tant dans les forts que dans les bâtiments, dont douze de fonte, sept à huit mortiers, beaucoup de boulets, bombes et fusils et une grande quantité d'outils ; six barques, dont trois grosses et une particulièrement propre à porter du 12, On est après les charger de vivres et d'artillerie pour Frontenac, où nous voilà en escadre. M. de Bourlamaque a eu une légère écorchure à la joue.

Je suis plus fâché que jamais que vous n'ayez été destiné pour ce côté; je vous y aurois accompagné et nous aurions le plaisir de revenir victorieux. Je me flatte que nous en ferons autant du vôtre, si l’Anglois veut venir, Je n’attends que les bataillons, et, dès que je les aurai fait filer à Saint-Jean, je partirai pour vous

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joindre, J'ai été assez sérieusement malade depuis quinze jours ; mais je vais fort bien à présent, et je me rétablis au mieux, M. de Vaudreuil vous donne sans doute avis qu'il vous fait passer les trois bataillons, à l'exception de deux piquets qu'il laisse à Niagara et à Frontenac.

M. de Montcalm marque à Monsieur le général qu'il est excédé ; je n’en suis pas surpris, ayant toujours été au lard depuis son départ; il aura besoin de repos.

M. Bigot part dimanche avec nos dames, qui me chargent de vous dire mille choses de leur part. Continuez-moi, je vous supplie, une part dans votre amitié dont je fais plus de cas que personne, et qué je mérite par le vif et respectueux attachement que j'ai pour vous. Mille assurances, je vous prie, à nos messieurs et surtout à M. de Fontbrune.

(Sans signature).

A Montréal, le 23 août 1756,

J'ai recu, Monsieur, celle que vous m'avez fait l’honneur de m'écrire par le retour des bateaux de M, de Bailleul, J'ai été extrêmement peiné de votre chute ; je me flatte que vous ne vous en sentez plus. M. de Vaudreuil approuve fort que vous ne vous soyez pas exposé dans ces circonstances, et est des plus contents

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