LETTRES DE M. DE BELLECOMBE
AU
A l’Hôpital-Général, le 24 mai 1760,
M. Murray n’a pas pu me faire partir par la frégate qu'on dépêche pour l'Angleterre, étant très petite, et ayant quelques officiers hors de service à y faire embarquer, M. Vauquelin ni ses officiers n'ont pu non plus y trouver place. On m'a promis de me faire partir par le premier vaisseau qui partira pour la Vieille-Angleterre. On m'a bien proposé de m'envoyer à Boston, pour de là me faire partir par le premier
paquebot qui passeroit à la Vieille-Angleterre ; mais je:
n'ai pas trouvé cette voie bien sûre, n'étant pas sûr
* M. de Bellecombe était capitaine aide-major au régiment de Royal-Roussillon. 11 fut blessé et fait prisonnier à la bataille d'Abraham. ‘‘ Bon officier, dit le général de Lévis,
lein de zèle, de bonne volonté et remplissant très bien tous es devoirs de son emploi ”.— Lettres de Lévis, p. 417.
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que, lorsque je serai arrivé à Boston, le gouverneur voulût me permettre d’en partir, J’ai cru plus sûr d'attendre ici la première occasion qui me mènera en droiture en Europe. Si, en‘ attendant, je puis vous être ici de quelque utilité, je vous prie, mon général, de vouloir bien'm’employer. M. Murray m'a, à son ordipaire, comblé de politesses, et m'a pressé d'aller rester chez lui en attendant mon départ; mais je crains lui être à charge, et je tâcherai de me dispenser d’y aller.
Il m'a chargé de vous offrir toutes les douceurs dont vous aurez besoin,
Je vous prie de vouloir bien me conserver quelque part dans votre souvenir et dans votre amitié, Je rechercherai avec empressement toutes les occasions qui pourront me rendre digne de la mériter de plus en plus et de vous convaincre du respect infini avec lequel
j'ai l'honneur d’être, etc.