‹ Lettres de divers particuliers au chevalier de Lévis [microforme]Chapitre 6 sur 54 · PRE DEL FRAEAN TE F · texte numérisé non relu

PRE DEL FRAEAN TE F

RER Paper Vs 10

la demande que je faisois d’aller résider en ville pour l'expédition des goélettes. Snr mes réinstances, on m'envoya un non positif.

Ce matin, Son Excellence m'a écrit pour m’inviter d'aller en ville et m'offrir un lit, s’il étoit nécessaire pour mon service que je couchasse en ville,

L'affaire des goélettes mise en délibération, il n'a voulu donner qu’un jour pour les charger, disant que la garnison n'avoit eu que vingt-quatre heures. Il vouloit qu'on y travaillât dès demain. J'ai obtenu que ze ne seroit qu'après-demain, et qu'on battit un ban cette après-midi, pour avertir que tous ceux qui avoient des effets à embarquer se tinssent prêts pour le 29, qu'ils eussent à les faire porter sur le rivage où il y auroit tous les bateaux suffisants pour les mettre à bord des goélettes où ils doivent être visités par un officier préposé à ce.

Voilà tout ce que je peux et ce que j'ai pu. Je ne saurois aller chercher moi-même les effets du tiers et du quart çà et là; je n'ai ni les bras, ni les jainbes nécessaires pour faire tout ce qui m'est demandé à cet égard.

Il ne se peut que tous ces effets ne soient mis avec confusion dans les barques, en agissant de cette manière. Ainsi, lorsque les barques arriveront à Montréal, ce sera d'y mettre une sûre garde, faire porter tous les effets dans un magasin, commettre une personne entendue pour ne les délivrer qu’à ceux à qui ils seront prouvés appartenir ; au moyen de quoi chacun retrouvera le sien. 1l ne faut pas s'attendre que les pièces soient étiquetées, si on les apporte sans

e pour ces, on

inviter essaire

il n'a nt que es, Il iu que un ban voient le 29, où il y ttre à par un

Je ne iers et ambes à cet

avec cette bnt à faire b une ux à quoi endre sans

l'être, ni que les capitaines de barques puissent faire une facture ou des connoissements. C’est une maison qui brûle, sauve qui peut !

Je ferai cependant en sorte d'obtenir un jour de plus; mais je ne l’espère pas.

Tout l’ordre que je puis mettre dans une opération de cette nature, c'est que les premiers arrivés au rivage seront les premiers embarqués, afin de faire place aux suivants.

Quant aux domestiques venus sur les barques, il v’en vouloit laisser descendie aucun. J'ai eu de la peine à faire excepter le maître d'hôtel de M. le marquis de Vaudreuil et le valet de M. l’intendant. Ses raisons sont qu’on a abusé de la liberté qu'on a donnée ci-devant de venir en ville, et qu'il croit qu'il y est venu des officiers ainsi travestis, Je tairai à ce sujet une histoire aussi fausse que ridicule qu’on m'a faite.

Il s'est pourtant relâché à en laisser descendre en donnant à chacun un soldat pour l’aider et l’accompagner.

Le pire, et ce qui me désespère, c'est qu'aujourd'hui les vivres de tous ces valets finissent, à ce que m'ont dit les capitaines, et que Monsieur le général m'en a déjà refusé. Voilà un mal où je ne vois pas de remède,

Notez qu’il a fait avporter devant moi toutes les lettres qui étoient dans ces barques, qu’il m’a donné les miennes sans y vouloir regarder; mais qu'il s’est amusé à en lire quelques-unes tout haut. On étoit à table, au dessert, Une entre autres mande en France que Québec est pris : mais qu'on a de bons moyens pour le reprendre cet hiver : le froid, les Canadiens et les sauvages. Se peut-il qu'il y ait des gens aussi inconsi-

pe veses

| pl ÿ M:

dérés ? Bien d’autres lettres n’étoient pas mieux, en sorte qu'il a ordonné qu’elles fussent toutes lues.

Je viens, Monsieur, à vos lettres reçues aujourd’hui, Au premier moment de loisir, je ferai l’état que M. le chevalier de Lévis demande des morts et des embarqués. On a été très satisfait des quatre charretiers renvoyés. Pareille protestation de se conformer au cartel, auquel il ne peut cependant faire cadrer le 13, Après les goélettes finies, j'aurois envie de reprendre cette affaire comme de moi-même, et obtenir le renvoi libre de nos messieurs qui restent et ne s’embarqueront pas à ce que je crois, soit pour les jeunes marins, ou pour acompte de rançon ou de prisonniers futurs (sic).

Il m'a fait voir la lettre que vous lui avez écrite ; je lui ferai voir la vôtre. Je tâcherai de déterminer quelque chose pour l’Hôpital-Général. Il paroît vouloir protéger toutes les maisons des Dames religieuses, et le renvoi des bestiaux ne peut que lui être très agréable.

L'apparition de nos cavaliers à la portée de fusil de l'hôpital, sur la droite de la rivière, lui déplaît infiniment; et contre ce que j’avois dit, il m’a dit qu'il feroit tirer dessns comme sur des maraudeurs par la garde de l'hôpital, que, jusqu'alors, il n’avoit mis que comme garde de protection et de bon ordre. Il m'a ajouté que, s’il prenoit sous la volée de son canon des cavaliers venus sans officiers et non en nombre de quinze ou dix-huit, il les traiteroit aussi comme maraudeurs,

J'ai l’honneur d’être avec un parfait attachement, etc.

HSE

EEE,

RAS ELA re à

re

| 1ieux, en É 4 es. XI li jourd’hui. i ue M. le A M, DE BOUGAINVILLE es embartiers ren- 29 octobre 1759.

1 cartel, Vous avez vu par ma dernière l’arrivée des goélettes Mi . Après et les premiers pas qu’elles m’occasionnèrent, entre dre cette ê autres la dure condition de tout embarquer dans un jour ; { voi libre mais ce n'étoit qu’un prélude de celles qu'on vouloit pi sront pas me faire, Toutes impossibles ; et, si l’on n’y avoit pas j AUCAUr mis des tempéranents, les goélettes s’en seroient sans LOUE doute retournées à vide, 2 écrite ; je On vouloit: 1° que les barques se tinssent au large (a non quel- au delà du mi-canal; 2° que je rassemblasse tous | & vouloir les équipages dans une maison ou place pour, dans y ises, et le une .matinée, en faire la visite, y mettre le scellé, et }l agréable. embarquer l'après-midi; autant valoit-il commander de +1 fusil de prendre la lune avec les dents, Deux mémoires de ma sil a infini- part consécutifs sur le même objet. Résultat: les ‘il wil feroit barques venues, échouées sur la grève pour charger à garde de leur manière accoutumée ; mais personne encore de (Al F'OIRINR descendu ; refusé net pour les capitaines de ces barques ; rl outé que, deux officiers principaux nommés pour aller avec moi cavaliers de maison en maison visiter les coffres ct y mettre | La de ensuite le scellé; après quoi il sera libre de les embar- US, quer avec le temps nécessaire, Ainsi, tout le jour JR ent, etc. d'aujourd'hui, j'ai couru cominè un rat de cave. fi : M. le marquis de Vaudreuil auroit tort de croire que j je sois maître de l’embarquement, Quiconque plaît aux M if. examinateurs passe le premier, Quatre goélettes ne :jui fi ji Et | ui

suffroient pas ; il y en a même qui en abusent et qui y mettent leur maison entière. Seulement j'ai fait dire aux capitaines des barques de réserver de la place pour les premières personnes en place, et de recevoir tout d’ailleurs ; ce qui laissera toujours subsister une très grande confusion pour la reconuoissance de ces effets à Montréal.

Une difficulté plus grave a roulé sur la proposition d'envoyer des hommes pour bûcher pour l'hôpital, On l'a trouvée fallacieuse ; on a voulu y substituer d’abord d’autres impraticables, ensuite celle-ci, sur laquelle on a tenu ferme, et moi refusé constamment, c’est-à-dire que vous deviez envoyer trente hommes avec un officier de votre armée, auxquels se joindroient trente soldats anglois avec un officier, et le total iroit ensemble couper dans les bois, Notez, et vous l’avez vu dans mes lettres, que c’est la même proposition, à l'officier près, que je fis à M. Monckton, que ce général agréoit et à laquelle M. Murray s'opposa. J’en rendis compte dans le temps, et M. de Lévis, dans ses lettres, désapprouve ce mélange comme pouvant être sujet à des suites fâcheuses, et me dit de ne rien faire de semblable. Cette mixture auroit à présent de plus grands inconvénients.

Aujourd’hui, on m'a envoyé faire des propositions raisonnables que je n’ai pas balancé d’accepter, et peutêtre que M. Murray en écrira directement chez vous, Elles consistent à envoyer de là-haut quarante o" “inquante Canadiens avec leurs haches. Arrivés ici, on en fera la revue et un rôle; ils partiront le matin pour aller au bois, reviendront chaque soir à l'hôpital où on en fera l’appel ; l'hôpital les nourrira et les paiera ; ils

; qui dire pour tout très ets à

tion

On bord le on -dire ficier ldats uper tres, ue je uelle mps, ange

me

roit

ne pourront s'écarter sans permission, J’y ai souscrit sans difficulté ; mais j'attends l'ordre final, ou, supposé qu'on vous offre ce parti directement dans les lettres qu’on doit vous écrire, je vous prie de ne pas perdre de temps à faire faire les commandements de ces hommes à la Pointe-aux-Trembles, Saint-Augustin, Lorette, mais non Charlesbourg et Beauport; on ne l’agréeroit. pas, et ce seroit donner de l’humeur inutilement, Si cela se fait, ce sera ma dernière opération à l'hôpital, A l'instar des ambassadeurs, j'ai annoncé hier ma retraite et dit qu’aussitôt les goélettes parties, mes papiers et ma caisse arrangés, je prendrois mon audience de congé.

Mes lettres lues et décachetées en ma présence me donnèrent une humeur respectueuse, Je soutins qu’étant libre et chargé de fonctions publiques, on ne pouvoit et on ne devoit en voir que ce que je voulois montrer (M. Monckton en a agi ainsi); que, renfermé dans les bornes de ma mission et recevant des ordres de mes supérieurs, je pouvois souvent être dans le cas de demander des explications ou des rétractations, ce qui pouvoit et devoit me laisser une entière liberté de m'entretenir avec eux, M. Monckton en jugeoit ainsi puisqu'il m’a renvoyé plusieurs lettres sans les décacheter, qui lui tomboient dans les mains. Il faut tout dire : en effet, l'immense quantité de lettres venues par ces barques, dont plusieurs devroient mériter punition à leurs auteurs ou pour leur ineptie ou pour leur indiscrétion, ont excité ce petit orage et donné lieu à cette inquisition.

Je ne me suis nullement mêlé de l'affaire de M. de Braux, ni me mêlerai de celle d'aucun particulier pris

individuellement, Rien n’est si facile que d'avoir les pieds chauds et de faire des raisonnements sans sollicitude que de soi-même, MM. Boisset et Saint-Félix partent par les barques, M. Daine et sa femme, Les valets dans les barques sont sans vivres; j'ai déjà fait vingt propositions pour eux, celle-ci entre autres de faire rendre en nature les vivres qu'on leur donnera,

J’ai l'honneur d’être avec un parfait attachement, etc,

A M. DE BOUGAINVILLE

30 octobre 1759, au soir.

Celle d’hier devoit être portée ce matin, et elle ne le sera que demain. J'y ajoute celle-ci, sans avoir rien de particulier, sinon que, depuis huit heures du matin jusqu’à cinq du soir, je n’ai fait que courir de la Haute à la Basse-Ville, avec les deux examinateurs, de maison en maison, pour apposer le cachet. Nous avons au moins scellé trois cents coffres pour charger quatre goélettes. (C’est une opération où je suis purement passif, Tout joli minois a la préférence. Dans chacune de nos goélettes, il y a un officier et six hommes ; ainsi j'ai peu de crédit nulle part,

En vérité, il y en a qui abusent de cette facilité, et je crois que je dois en nommer deux: M. Martin et

oir les jollici- Félix

Les jà fait autres nnera, it, etc,

soir.

ne le ien de matin Haute naison ns au quatre ement acu ne ainsi

et je in et

M" de Beaujeu, et bien d’autres qui feront sans doute de bonnes affaires : plus de la moitié de leurs coffres sont sûrement des marchandises, où il y aura à gagner trois ou quatre cents pour cent, Leur scellé a été mis le premier sans ma connoissance, et par conséquent embarqué les premiers (sic). Ajoutez à cela qu'il n’y a pas quinze charretiers en ville ; tous out fui à la campagne, et, ces charretiers, on ne les a que par protection; en sorte que je vois d'ici les goélettes chargées, et peut-être la moitié des équipages de nos officiers laissés derrière. Je n'ai rien dans les goélettes, et j'en serai sans doute responsable à l'égard de plusieurs, Enfin il y en a qui font embarquer des commodes vides ; un joli visage n’a jamais perdu son procès.

Les valets ne viendront absolument pas en ville, Outre la raison de la crainte qu’il n’y ait quelque officier travesti, qui étoit la première, on y ajoute celle-ci, c’est que par les lettres qu'on a arrêtées, on a vu qu'elles ne parloient que d’emplettes et d'achats de choses, la plupart prohibées, et que si ces valets, dont le nombre a effrayé, descendoient à terre, ils épuiseroient la ville. Tous les Anglois crient sur la révolution des marchandises; tout a plus que doublé de prix depuis quinze jours, et il y a ordre aux marchands, sous peine de punition, de ne vendre à une personne qu’une quantité médiocre,

J'ai enfin obtenu la permission de faire acheter deux cents livres de biscuit pour donner à ces valets dont les vivres finirent hier.

Le vaisseau espagnol a eu deux coups de canon et a

mouillé un peu au-dessus de la construction; j'ignore «

SES Je

RTE LAS

ae 250 a er <

RNERES

Page 1