A M. V... (VILLOT
... Je te remercie de ta lettre, et j'y vois que tu avais, à l'avance, confiance dans le résultat. Je n'ai pas été aussi rassuré que toi pendant le cours des démarches qui l'ont amené ; non que j'aie pu en faire de ma personne, car j'ai été retenu chez moi par un gros rhume pendant trois semaines : je n'ai donc pu faire des visites; j'ai écrit quelques lettres, et surtout j'ai eu dans l'illustre corps deux ou trois amis, comme il n'en
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existe guère qu'au Monomotapa, qui ont pris ma carte en main avec une suite et une chaleur qui ont beaucoup contribué au succès. En somme, quoique tardive, cette élection est utile et me semble plus à propos à présent qu'elle est faite, que je ne me le figurais auparavant. Aux félicitations que je reçois, je vois qu'elle était presque nécessaire pour qu'une certaine partie du public me mît à une certaine place : cela a rassuré un bon nombre d'admirateurs, et quoi qu'il n'y eût rien de changé dans la valeur de l'homme et dans celle de ses ouvrages, il fallait absolument l'étiquette.
AU BARON LARREY
Ce 6 février i3$7.
Cher monsieur,
J'ai reçu avec beaucoup de plaisir et de reconnaissance l'envoi que vous avez bien voulu me faire de votre discours à l'occasion de l'inauguration de la statue de Bichat. Son éloge était en bonnes mains, et j'ai lu avec bien de l'intérêt les détails peu connus des gens du monde que vous donnez sur cette belle vie si bien employée. Je vous sais trèsbon gré également du souvenir que vous donnez à notre pauvre David, qui est bien, lui aussi, le premier sculpteur de notre temps, et qui mériterait bien à son tour une statue, lui qui en a été prodigue pour les grands hommes, ses contemporains. Je vous remercierai tout particulièrement de votre bon souvenir dans cette circonstance.
Recevez, cher monsieur, les assurances du plus affectueux dévouement.
E. Delacroix.
A M. C. DUTILLEUX.
Ce s mars 1857.
Cher monsieur, je voudrais de tout mon cœur satisfaire le désir de M. Legentil et pouvoir lui renvoyer de suite un tableau ; mais vous allez voir quelle suite de circonstances fâcheuses me forcent à le prier d'attendre encore un peu.
Je relève à peine d'une maladie qui, négligée dans le principe, me tient depuis près de trois mois hors de mon atelier. Il y a six semaines, le rhume que je négligeais est devenu une indisposition tout à fait sérieuse. Je suis , depuis une quinzaine de jours, en convalescence, mais je crains qu'elle ne soit longue. Vous vous rappelez que le petit tableau n'était pas terminé; je désirais m'en servir pour mon tableau définitif dans l'état où il était. Il y a donc à y travailler encore. Tout ce que je puis vous promettre, c'est de m'y mettre aussitôt que je pourrai toucher un pinceau, et je vous l'enverrai avec empressement, renonçant à m'en servir pour mon plafond.
Vous me parlez du Salon : je m'étais flatté d'y mettre quelques tableaux, à la vérité, de petite proportion. Mais l'accident qui me retient hors de mon atelier ne me permettra probablement pas de les achever. Il est possible même que le contre-coup de tout cela soit la nécessité d'ajourner encore indéfiniment mes travaux de Saint-Sulpice.
Vous me parlez, cher monsieur, de vos soucis, des maladies des personnes qui vous sont chères : vous êtes plus à plaindre que moi qui n'ai à m'occuper que de ma chétive santé : vous souffrez dans tous les êtres qui vous sont chers. Mais la vie est ainsi faite. Je trouve dans mes cahiers et extraits ce passage de Voltaire : « Le bonhomme Jacob, interrogé par le roi d'Egypte sur son âge, lui dit : « Seigneur, j'ai