A M. J. JANIN
BUREAUX DE I-'Artiite, RUE DE S E I N E - S A I N T - C E R M A I N.
Mon cher Janin,
Je suis retenu chez moi depuis près de quinze jours par une indisposition, sans cela j'aurais été vous remercier de ce que
1. Nous empruntons ce billet à la première édition des Contemporains, d'Eugène de Mirecourt, où on le rencontre imprimé en facsimilé .
1840. — A ALEXANDRE DUMAS. 149
vous voulez bien dire d'obligeant à mon sujet dans YoArtiste. Quoique je n'aie pas encore obtenu d'être rangé au nombre des bons sujets de la peinture, dociles aux avis de VÉcluze et autres, je n'en suis pas moins très— flatté d'occuper de moi. Tenir de la place, voilà, il faut en convenir, l'ambition de tous nous autres, et en tenir autant dans vos lignes, mon cher Janin, est chose plus flatteuse encore.
Recevez encore mes remercîments et amitiés bien sincères.
Eue Delacroix.
Ce 10 mars.
Je vous écris à Yo4rtiste, n'ayant pu obtenir votre adresse des gens qui sont venus me voir.
Jules Janin écrivait sur les Salons dans l'Artiste qui, des mains de Ricourt, était passé dans celles de Delaunay. Etienne Delescluze, élève de David, fut toute sa vie un implacable adversaire de Delacroix, comme aussi de Paul Huet, de Decamps. En 1855 encore, il appelait les tableaux de Delacroix « des tartouillades ».
A ALEXANDRE DUMAS