A M. A. VACQUERIE
M. Auguste Vacquerie avait adressé à Delacroix, un sonnet sur un Jésus au Jardin des Oliviers.
Je suis bien lier, cher monsieur, de la charmante inspiration que vous m'avez envoyée; vous avez une fois de plus, et d'une manière poignante, mis en relief ces deux tristes oppositions de notre nature, le bonheur dans la brutalité, la tristesse et le doute chez les natures élevées. Seulement vous avez ajouté à mon Christ par le privilège de la poésie, ce qui n'y est qu'indiqué ou ce qui y manque tout à fait.
Ce billet nous a été communiqué par M. Lambert Lassus. Il nous montre un Delacroix, membre sérieux de la Commission municipale.
Ce samedi (185 + ?)
Mon cher ami,
J'ai cru l'occasion favorable hier pour faire une démarche auprès du préfet, au sujet de ce que vous désirez. Je me suis entendu collectivement avec mon collègue et bon camarade Thierry et je puis vous assurer que nous n'avons pas négligé de faire valoir vos motifs, mais le préfet nous a refusé nettement à plusieurs reprises, de manière à ce qu'il ne soit
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plus possible d'y revenir. Je pense qu'il vous sera difficile de triompher de son opposition et je le regrette vivement dans l'intérêt d'un ouvrage complet et réussi.
Le préfet se renferme dans son droit de choisir l'artiste. Peut-être la forme que vous avez donnée à vos réclamations n'a-t-elle fait que le confirmer dans sa résolution. C'est au moins ce qu'il nous a laissé entrevoir.
Je regrette bien, et M. Thierry avec moi, de n'avoir pas été heureux dans cette circonstance. Je me serais applaudi de contribuer pour ma faible part à l'achèvement de votre entreprise.
Tout à vous bien sincèrement.