‹ Lettres de Eugène DelacroixChapitre 6 sur 86 · FERDINAND VICTOR EUGÈNE · texte numérisé non relu

FERDINAND VICTOR EUGÈNE

Aujourd’huy huit Floréal de l’An sixième de ta République Françoise une et indivisible , par devant moy , Louis Buran , agent municipal de la commune de Charenton Saint Maurice et en cette qualité chargé de recevoir les actes de naissances, mariages et décès des Citoyens en la salle de la Maison commune , est comparu le citoyen Jean Henry Riesner, beau-père de la citoyenne OEben, le citoyen Ferdinand Pierre Marie JDoroté Guilmardet, Législateur , âgé de trente-trois et la citoyenne Adélaïde- Denize OEben, âgée de trente ans, domiciliés à Paris , témoins. Lesquels m'ont déclaré que Victoire OEben, épouze de légitime mariage du citoyen Charles Delacroix, Ministre de la République Françoise près celle

Batave , est accouchée hier , dans son appartement de la maison quil occupe en cette Commune, d'un enfant mâle auquel ils ont donné les prénoms de Ferdinand Victor Eugène.

D'après celte déclaration que le citoyen Ferdinand Pierre Marie Doroté Guilmardet, et la citoyenne Adélaïde Denize OEben ont certifié conforme à la vérité et la représentation qui m'a été faite' de l'enfant sus nomé, j'ai rédigé en vertu des pouvoirs qui me sont délégués le présent acte que les deux témoins et le citoyen Jean Henri Riesner ont signé avec moy.

Signé : Adélaïde Denize OEben femme Pascot, Riesener, Guillemardet et Durand, agL mal.

Le père, Charles-Constant Delacroix, alors « ministre de la République Françoise près celle Batave, » était né en 1740, en Champagne. Il avait été avocat au Parlement, secrétaire de Turgot, qu’il avait suivi à Limoges, puis député de la Marne à la Convention, où il vota la mort de Louis XVI sans sursis, après avoir rejeté l’appel au peuple. Il appartenait au parti modéré, se joignit, à la fin de 1794, aux plus fougueux thermidoriens et fit partie du Conseil des Anciens. La rentrée de Talleyrand lui fit quitter sa position de ministre des Relations extérieures pour le poste d’ambassadeur en Hollande. Approbateur du 18 brumaire, il accepta la préfecture des Bouches-du-Rhône, et plus tard celle de la Gironde. Il mourut à Bordeaux, en 1803.

La mère, la citoyenne Victoire OEben, était de famille d’arlisans. L’ébéniste OEben est qualifié « fameux » dans les catalogues de grandes ventes du siècle dernier, celle

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