ACTE DE NAISSANCE
du cabinet Gaignat, par exemple. Il paraît avoir eu la spécialité de sculpter des bordures pour Mme de Pompadour. Élève de Boulle, il réparait les œuvres de son maître. A en juger par le prix que les cotait à la Marquise le marchandbijoutier ordinaire du Roy, Lazare Duvaux, ces travaux devaient offrir la perfection : « de 8 mai 1752, trois bordures d'estampes payées au sieur Oebenne 180 livres ; les trois glaces et garnitures , 9 livres. » Au mois de juin de la même année : « h ne petite bordure à fleurs pour une estampe, 48 livres. » Et, dans le mois d’août suivant : « Sept bordures d'estampes en bois d’amaranthe incrusté à fleurs , 372 livres , » etc. Les ascendances maternelles sont loin d’être sans intérêt dans l’étude de la vie des artistes.
Le témoin Ferdinand-Pierre-Marie-Doroté Guillemardet, « législateur, » était un des collègues du père. Né en 1765, il exerça la médecine à Autun jusqu’en 1789, époque à laquelle il fut envoyé à la Convention par le département de Saône-et-Loire. Il suivit Delacroix dans ses évolutions politiques et fut nommé préfet de la Charente-Inférieure, puis de l’Ailier. On retrouvera dans ce volume le nom de ses fils, qui furent des plus intimes amis de Delacroix.
L’autre témoin, Jean-Henri Riesener, était fds du Riesener, un des célèbres fabricants de ces meubles délicieux qui font la gloire du xvme siècle. Le fils qu’il eut de la veuve OEben, Henri Riesener, élève de Vincent et de David, peignit avec distinction le portrait à la miniature et à ’ huile. Eugène Delacroix, pendant ses vacances, fréquentait son atelier et l’on peut croire que les encouragements de cet oncle artiste décidèrent de sa vocation.
Sur un petit calendrier relié en maroquin rouge avec le
titre : le Lever du Rideau, pour Van douzième de la République française [année 1804, ancien style), on rencontre des dessins enfantins à la mine de plomb : une marguerite, un profil de jeune homme, deux urnes, deux bonshommes debout; puis ce gentil envoi, écrit d’une grosse plume, entre des traits rayés :
Mon cher Henri, je t’aime de tout mon cœur, je pense à tout moment à toi, je voudrais te voir pour te caresser. Reviens bien vite pour faire notre bonheur.
Eugène Delacroix.
Cet « Henri » était son frère, que nous verrons mourir à Bordeaux, et qu’il aima toujours passionnément.
L’original de la lettre suivante, — qui nous a été confiée par M. Benjamin Fillon, le riche et libéral collectionneur d’autographes, — porte en tête « le 25 Août ou Auguste si cela vous plaît. » Elle est adressée « à monsieur, monsieur Jules Allard, rue St. Jacques, n° 297, à Paris. » On n’a conservé aucun souvenir de ce M. Jules Allard, qui ne fut sans doute qu’un ami de collège et ne pénétra pas dans les intimités continuées. On lit sur l’adresse, écrit par une main étrangère, « 5 Auguste 1813. » Il faut vraisemblablerestituer « 1815. » Én 1815, Delacroix était encore au lycée impérial Louis-le-Grand.
Nous avons, — pour cette fois, comme pour le plus souvent qu'il nous était possible, — conservé scrupuleusement l’orthographe.