RUE NOTRE-DAME-DE-LORETTE
Ce 27 octobre.
Mon cher monsieur,
Y aurait-il moyen de faire insérer au Constitutionnel et dans quelques autres journaux que c’est par erreur qu’on a annoncé que mes travaux étaient terminés au Luxembourg? Il en résulte des quiproquos désagréables. J’apprends qu’on va faire déjà des articles sur une chose qui est encore en suspens. Il en résulte que, quand l’ouvrage sera réellement fini, ce sera déjà de l’histoire ancienne. Le travail ne pourra être visible qu’après la session. C’est alors que, l’ensemble étant à son point d’effet, il vaudra la peine d’être montré.
Si ma demande est indiscrète, considérez - la comme non avenue : mais recevez comme toujours mes dévouements bien sincères.
ëüg. Delacroix.
1842. — A M. TH. THORÉ. 267
Mon cher ami, je vous envoie la notice sur mes peintures. Je joins quelques billets pour la Chambre ; pour quelques amis quand vous en rencontrerez.
Écrivez à votre homme pour le paslel (1) de venir le prendre pour le fixer, afin d’avoir le' temps de le coller dans l’album. Le matin plutôt.
Mille amitiés et dévouements.
Ce dimanche.
Dites à Merruau de m’envoyer un numéro du Constitutionnel quand ce sera imprimé.
Je voudrais bien revoir V épreuve auparavant.
Mon cher ami, il m’est bien difficile de me trouver samedi à la Chambre des pairs. Puisque vous ne pouvez vendredi, pourriez-vous arranger cela pour jeudi, à l’heure q^ie vous voudrez? Vous m’oblige-
(1) Note de T. Thoré : « J’avais obtenu de lui un pastel pour un album de la Société des Gens de lettres. »
riez beaucoup, car je voudrais bien m’y trouver en même temps que vous; nous prendrions jour aussi pour aller à mon autre travail.
Recevez mes amitiés bien sincères.
Ce mardi matin.
Mon cher ami, je n’ai su qu’avant-hier que votre article avait paru et je ne l’ai lu qu’hier : je n’ai pas besoin de vous dire que j’en suis très-heureux et que vous y êtes bien aimable pour moi. Recevez-en mes remerciements bien sincères. Votre distinction des qualités qui conviennent à la peinture et à la poésie est très-juste et ne peut jamais être fourrée assez avant dans l’intelligence du public. On nous juge toujours avec des idées de littérateurs, et ce sont celles qu’on a la sottise de nous demander. Je voudrais bien qu’il soit aussi vrai que vous le dites que je n’ai que des idées de peintre .je n’en demande pas davantage.
Recevez mes amitiés dévouées.
1842. — A M. TH. THÔRÉ.
Mercredi 5.
Mon cher ami, je ne vous ai pas encore envoyé la note concernant mes peintures pour diverses raisons que vous apprécierez. J’ai imaginé de faire une notice très-détaillée que je désirerais voir imprimer dans un ou plusieurs journaux et qui serait une explication catégorique de mes intentions, ne voulant pas, à l’exemple de beaucoup de mes confrères, m’enrichir de celles qui me seraient prêtées gratuitement et que je n’aurais pas eues, mais réclamant le bénéfice de celles qui sont bien véritablement sorties de mon cerveau . Vous prendriez dans cette notice détaillée ce qu’il vous faudrait pour votre travail. J’ai été continuellement obligé de me déranger pour montrer à quelques amis cette nouvelle besogne, que je ne pourrai vous donner que demain ou aprèsdemain, du factum en question. Dites-moi si le Constitutionnel voudrait en charger ses colonnes en mettant, par exemple, en note : « Cette explication communiquée par l’auteur des peintures, etc., etc., etc...*»
Je vous donnerai en même temps le pastel pour votre Société. J’ai essayé de faire X Attila, qui m’a ennuyé et que j’ai senti que je ne réussirais pas.
J’ai fait au lieu de cela un des sujets des pendentifs : Lycurgue consultant la Pythie.
Recevez mes amitiés bien dévouées.
Nous avons dans les mains la note « sur les peintures, » à laquelle il est fait allusion ; mais quel qu’en soit l’intérêt, nous ne pouvons la donner parmi les Lettres. Nous la réservons pour un autre travail, sur les Travaux du maître.