A BBZOLLES , CANTON DE VALENCE (DE CONDOM) [,GEES
21 juin 1843.
Mon cher Lassalle,
Vous ne perdez pas de vue, j’espère, nos projets de cet été. Nous étions convenus que vous resteriez jusqu’à la fin de ce mois, ce qui ferait au delà de vos six semaines. Je pars moi-même pour aller joindre mon frère à Vichy, mais mon séjour sera beaucoup moins long que je ne voulais, et je serai ici dans les premiers jours de juillet. C’est donc une simple promenade. Si vous étiez assez aimable pour revenir le 1er juillet, vous pourriez vous mettre à l’Église en attendant la Chambre des Pairs qui traînera peutêtre un peu, et dans le cas où vous me précéderiez de
quelques jours, cela n’en vaudrait que mieux, puisque vous avez à colorer la grisaille avant que je travaille.
J’espère que votre séjour aura eu pour vous tout l’agrément et tout le fruit que vous en attendiez et que vous serez en bonne santé pour reprendre nos rudes travaux. Je ne puis pas en dire tout à fait autant pour moi. Je n’ai pas été très-vaillant et j’ai besoin du petit repos que je vais prendre. Ce mauvais temps m’est trop contraire à cause des orages continuels que nous avons ici. Je crains de plus, si l’été continue à être pluvieux, que nous ne soyons obligés de travailler souvent dans l’obscurité, ce qui équivaut à ne point travailler du tout. Je ne me dissimule pas que nous avons une rude partie à faire cette saison. C’est surtout la Coupole qu’il s’agit de couler à fond. Recommandons-nous donc à Dieu pour cela.
Adieu, mon cher Lassalle. Vous pourrez m’écrire poste restante à Vichy, pour me dire vos intentions. Recevez en attendant l’expression de mon bien sincère attachement.
Vous trouverez Hamlet lancé.
N’oubliez pas que, si nous ne faisons pas la Cha-
pelle tout de suite, c’est-à-dire au commencement de juillet, elle sera reculée pour 6 mois,
A M. GAULTRON
Sans date.
... Dans l’emploi de l’estompage, la plus grande liberté. Quand vous avez dessiné et même charbonné votre pierre, frottez avec de la flanelle, puis redessinez et charbonnez jusqu’à ce que vous ayez modelé à votre fantaisie. Puis avec un grattoir vous enlevez le plus ou moins de noir, en ayant soin de ne pas aller jusqu’au grain de la pierre. Ce frottage étend et rend vague ce que vous avez trop prononcé dans votre premier jet, et dans le vague que cela cause, sans effacer néanmoins, cela vous donnera le moyen de redessiner encore et de corriger votre idée. Quand vous avez gratté et fait des clairs, vous pouvez encore mettre du noir et estomper de même jusqu’à ce que vous ayez rendu votre idée. Risquez un peu, vous trouverez de vous-même toute cette sorcellerie.
1843. — A M. GAULTRON.
Voudriez-vous me rendre le service de passer dans vos courses chez ce bazar Bonne-Nouvelle où vous avez acheté le petit Tasse , et où j’ai fait la sottise de laisser trop longtemps mon Marino Faliero et un tableau d’ Arabes ? Je voudrais le retirer et cela avant de recommencer un nouveau mois (car on paye au mois).