‹ Lettres de Eugène DelacroixChapitre 76 sur 86 · A M. DE LESPINASSE · texte numérisé non relu

A M. DE LESPINASSE

fois un objet d’étude et un encouragement; je serais charmé que ce témoignage pût contribuer à lui obtetenir cette faveur, et je m’empresse de vous le transmettre.

Agréez, monsieur,

Eug. Delacroix.

Eugène Delacroix avait ouvert un atelier rue Neuve- Guillemin, donnant dans la cour d’un marbrier. On nous cite, parmi les élèves qui s’y rendaient : Joly Grangedor, Desbordes-Valmore (du ministère de l’instruction publique), Saint-Marcel, Maurice Sand, Andrieu, Eugène Lambert, Lassalle, Gautheron, E. Leygue, Th. Véron, Ferrussac, et des amateurs.

Plus tard, le siège de l’atelier fut transféré rue Neuve- Bréda.

A M. THORÉ

A L’AGENCE DE l’alliance DES ARTS, RUE MONTMARTRE, 178

Mon cher monsieur,

Votre lettre me trouve bien reconnaissant de votre si obligeant souvenir. Voilà l’histoire de cette chapelle ou plutôt de ce tableau. Quand je l’eus terminé, j’avais résolu de le faire voir dans sa primeur à quelques personnes, en tête desquelles vous ne doutez pas que vous fussiez. Je fis une petite absence, et, l’échalfaud (sic) ainsi que la clôture ayant été détruits par suite d’un malentendu, le tableau se trouva tombé tout d’un coup dans la publicité. Quant à moi, je fus si peu satisfait de son effet, à cause de l’obscurité de la chapelle, que je résolus de l’abandonner à son sort tel quel. Puis donc que vous désirez le voir, poussez la complaisance jusqu’à n’y aller que quand le temps sera un peu clair et le matin. C’est la seule chance de l’apercevoir.

(Église de S aint-Denis-du-Saint- Sacrement , rue

184 4. — A M. THORÉ. , 297

Saint-Louis , au coin de la rue Saint-Claude , an Marais .)

Recevez encore une fois mille remercîments de votre bonne lettre, mon cher monsieur, et l’assurance de mon dévouement bien sincère.

Eug. Delacroix.

Rue Notre-Dame-de-Lorette, 54.

Ce 17 novembre (1844),

Eugène Delacroix, alors cruellement souffrant de sa maladie du larynx, avait fait ébaucher la Pietà, ainsi qu’on l’a vu plus haut, par M. Lassalle-Bordes.

A M. G. DUTILLEUX

12 décembre 1844.

Monsieur, votre lettre m’est arrivée pendant que j’étais dans tous les embarras d’un déménagement ; j’y suis encore, dans ce sens que toutes mes peintures sont encore entassées, de manière à ce qu’il me soit impossible d’ici à bien longtemps de les retrouver.

L’appartement que j’occupe étant nouvellement fait, je me suis vu forcé d’en louer un second pour habiter, à cause que les plâtres étaient frais. Il n’y a qu’un petit coin de l’atelier que je puisse occuper, et dans le reste j’ai entassé peintures, esquisses, etc., jusqu’à ce que je puisse les accrocher.

Il faut donc que vous ayez la bonté d’attendre ce moment pour que je puisse vous envoyer quelque chose de ma façon, car je n’ai pas oublié que c’est une chose promise et j’acquitterai la promesse avec le plus grand plaisir.

Je ne puis vous donner aucune nouvelle de M. Le-

1844. - A M. C. DUTILLEUX.

clerq ; je l’ai revu une fois ou deux depuis qu’il a quitté l’atelier; mais ces visites mêmes datent déjà de fort loin. L’assiduité est des plus rares parmi les jeunes gens : ils travaillent en l’air, font de tout et ne se fixent à rien. Je crains bien que M. Leclerq ne soit dans le même cas.

Agréez, monsieur, l’assurance de ma haute considération et aussi celle que je vous renouvelle du plaisir que j’aurai à vous envoyer un souvenir peint, qui ne saura être mieux placé...

(Rue Notre-Dame-de-Lorette, 54.)

Le jeune Leclerq, dont le nom a déjà été prononcé dans la première lettre adressée à M. Constant Dutilleux, était d’Arras. Il mourut vers ce même temps : il se brisa la colonne vertébrale en piquant une tête dans la Seine.

A M. EUDORE SOULIÉ

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