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tincte de la présence immatérielle de tous les bienheureux qui regardent avec pitié les aveuglements et les misères de l’humanité.
Soir d'élections
Tristement nous disons : Tout va mal dans le monde ! Tout va mal dans le pays !
Et nos âmes ont des tentations de découragement; n’y cédons pas, et les tenant bien éveillées et bien attentives, permetions-leur d'apercevoir les lueurs divines qui percent l'obscurité : elles nous disent d'espérer, que Dieu veille, et que par ses voies, que nous comprenons si peu, Il accomplit ses desseins.
Jérusalem rendue aux chrétiens, n'est-ce pas Jésus lui-même venant apporter au monde, en ce Noël de 1917, le grand pardon et l'espoir d’un renouveau mondial, où les âmes purifiées et grandies dans l'épreuve marcheront vers l'harmonie intellectuelle et morale ?
Le monde entier est dans la désolation, dans la haine et la rage, les peuples se massacrent, et il semble entendu que l'honneur des nations interdise les concessions, le pardon et l'accord. Et c’est au milieu de ce bouleversement, quand la situation paraît inextricable, que Jésus enlève, des mains des Tures sa Jérusalem, où il se donnait tout entier pour la délivrance de l'humanité,
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et qu’Il la rend enfin à ceux qui croient en Lui et qui font profession de suivre sa doctrine.
Ce grand geste divin qu'il faut voir, ne rapprochera-t-il pas les âmes des peuples comme les âmes des individus de Celui qui vient, encore et toujours, apporter au monde la paix et l'amour, avec la même autorité la même douleur grave avec lesquelles Il proclamait les Béatitudes qui ouvrent le Paradis aux âmes douloureuses ?
J'ai pensé longuement à ces choses et elles m'ont consolée, le soir des élections, quand le silence succéda aux appels de plus en plus inquiétants du téléphone.
La journée avait été anxieuse. Tout mon grand optimisme des jours précédents avait fait place à une agitation inquiète :
dans le plus obseur de moi-même, je sentais que nous allions à la défaite. J'avais été envahie, heure par heure, d’un malaise subtil et grandissant. Vous comprenez n'est-ce pas, pour l'avoir éprouvé? Ce qu'il y a au fond de nous d’inexplicable, d'informulé, de plus savant que nous-mêmes, connaissait ce qui allait s’accomplir et s’efforçait de me le confier, mais mon espoir luttait et il ne mourut qu'avec la lumière qui s’éteignait une fois. L'heure qui suivit fut amère pour tout le Canada français.
__ C'est un tourn“nt dans notre histoire, un moment solennel, où, masques levés, deux adversaires se regardent en face. et se lancent un défi.
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