PAF
ui db hi
route en prenant des sentiers de traverse.
Elles ont peu de tentations: elles les ont écartées d'un bloc par le fait de refuser d'entrer directement en cause. Elles sont dominées par la loi, par k devoir, et elles séchent, s'il le faut, de fatigue, de chagrin ct de misère, sans crier grâce et sans se révolter, Ce sont des saintes et elles sont rures, je n'ai pas besoin de vous le dire.
Les autres, les “ordinaires”, sont d’une ‘mprudence qui explique bien des erreurs et bien des chutes, et leur plus grosse inconséquence c'est d'entretenir avec le diable un petit commerce qui n’est pas précisément un commerce d'amitié, mais ce sont des “relations de société” qui permettent les conversations et les discussions les plus variées. Aux plus droites et aux meilleures, il suggère de côtoyer le danger pour voir comment il est fait; il leur amène en tapinois des pensces malsaines et leur fait croire qu'elles affirmeront leur sagesse en les discutant.
Cela fait son affaire à lui! Il sait qu’il est nuisible de retenir ces idées, de les dévisager, de nous habituer à elles, et même de nous quereller avec elles.
Si parfois quelqu'un, avisé et sage, nous avertit d’être prudentes, nous blâme de resarder le mal par-dessus le mur, nous nous récrions, indignées: “Oh! il n'y a pas de danger !”
L'imprudente parole! Tous ceux qui la disent sont en danger dès qu’ils la prononcent
puisqu'ils ne connaissent ni le danger, ni leur faiblesse.
Oui, j'admets que le diable est très fin, mais faut-il l'être tant pour attraper les naïlves que nous sommes! Nous tombons toujours dans le mème piège vulgaire: comme le diable doit rire de sa jolie clientèle si facile à berner!
En plein dégel
Le ciel est couleur de poussière, la rue est sale, Montréal dégèle, et pendant des semaines, nous vivrons dans ce ‘auchemar: notre ville s’étirant dans la boue avant de s’éveiller franchement aux jolies lueurs du printemps!
Quand c'est par trop inendurable, et pour nous reposer de la laideur, le bon Dieu déchaine une de ses tempêtes blanches: elle accourt en soufflant, elle secoue de la neige en grands tourbillons, qui reblanchissent lu ville noire, et puis, il recommence à fondre et à dégouliner, et nous recommençons à nous lamenter, à moins que, renonçant à regarder les rues, nous fassions re.raite en nos àmes pour voir ce qui s'y passe à la suîte de ce carnaval si étourdissant que quelques jeunes filles ont dù oublier qu’elles avaient une âme.
Le dégel a du bon, et survenant avec le
carème, il est mème bienfaisant: l'ennui de l'un s'alliant au sérieux de l’autre, est propre à aider à la réflexion—et l'absence de réflexion est phénoménale chez les petites mondaines.
Parions qu'elles n'ont jamais pensé que rien de ce qu'elles disent ou font n'est indifférent, parce que toutes nos actions ont des conséquences lointaines que nous ne pouvons voir mais qui atteignent les autres pour leur aider ou leur nuire.
Les petites poupées qui ignorent leur âme, ignorent également l'âme des autres, mais leur inconscience n'empêche pas leurs actes de se poser et de développer ensuite des conséquences.
Etourdiment, elles ouvrent la porte de la cage d'où s’échappent follement les paroles imprudentes, les actions que rien n’empèchera d'avoir existé, et dont elles ne seront pas seules à subir les résultats immédiats ou lointains. Si elles se doutaient de la puissance d'un sourire na: juois ou d’une protestation énergique, pour créer un doute ou affermir une conviction, elles seraient plus circonspectes et ne s'exposeraient pas si souvent à être des inspiratrices mauvaises. Nous ne surveillerons jamais trop nos paroles, nos attitudes, nos actions et nos silences...
Quelles làchetés recèlent certains de no: silences qui paraissent approuver ce, qu’au fond, nous condamnons. Nous nous taisons, par respert humain, quand, par respect de