LETT RES DE F DETTE
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viens quelle impression poignante se dégagenit de ce contraste de vie exubérante dans le rayonnement du chaud soleil, et ca cercueil sur le bord de la fosse prefonde,
La pauvre petite morte qui avait tant
aim” ie, qui avait eu une telle confiance d: Lonheur, alluit être mise dans la tr nil aide et ses beatix veux di: ri toujours à lu beauté du
pas morte de chagrin,
se de son chagrin elle
€ ‘,saznment contre la mu-
efendre vietorieusement
co liut aimer la vie, croire à
ani uheur, et depuis deux ans el | | …\ de n'être plus nimée,
Di ue «riela plus heureuse des femmes, elle avait senti peu à peu son mari se détacher d'elle. . en vain vetait-elle attentive, doure et tendre, un à un se brisaient les liens qui les avaient unis. Sans cesse rebutée, blessée pur les paroles rudes et les procédés indélicats, elle s'était repliée sur elle-même enfermant au profond de son âme son amour dédeig, ‘ qui ne mourait pas mais dont elle mourait. Et quand vint la maladie, elle tendit les bras à la mort qui la délivrerait et rendrait libre celui qui ne voulait plus d'elle et dont elle désirait le b. 1heur inalgré tout.
Moi qui savais, je rega ‘ais le mari au bord de la fosse. Sur sa figire grave je ne pouvais rien lire. A-t-il eu des remords ? S'est-il cru coupable de cette mort prématurée? A-t-il
deviné, sous le fier silence, que sa dureté brisait ce coeur délicat? Mystère! Il a vu disparaître sous la terre lourde sa femme si charmante qu'il avait juré d'aimer et de protéger toujours, et il est revenu seul dans sa maison...et c'est lui que je plaignais davantage, car il gurduit son coeur insensible et toute sa misère de pauvre homme, et elle était délivrée de la triste vie qu'il lui avait faite.
Simplifier la vie
La difficulté croissante du service, la rareté des servantes et les salaires extravagants qu'elles demandeni changeront certainement les conditions de la vie dans notre pays, puisqu'il n'y aura plus queles gens très riches qui se paieront le luxe de domestiques qui travaillent si peu et se font payer des rente!
Et que feront les jeunes ménages qui s'embarquent dans le mariage avec une si belle audace ? Comment une petite femme délicate, qui élève des enfants, s'en tirera-telle à peu près sans aide ? Est-ce possible ?
Nous nous posions ces questions hier, et chicune d'y aller de sa petite solution. — Nous aurons moins d'enfants, dit l'une, par trop simpliste. -—-Nous vivrons dons notre cuisine et le salon sentira le moisi! Nous
prendrons nos repas au restaurant, — Enfin.
une jeune femme sensée proposa de simplifier notre vie, C'est court. cette phrase, et tous simple, c'est cependant moins facile qu'on ne croit de mettre cette règle en pra.
tique.
Simplifier la vie, c'est retrancher les extravagances et les inutilité: qui absorbent l'argent du mariet le temps de !a femme sans ütilité pour le bien de la famille. Pour arriver à voir en quoi, pour chaque famille, consiste cette simplification, il faut du jugement, de la bonne volonté, et l'entente parfaite de ceux qui consentent à essaver de ce svstème de simplification.
Au fond, il v a là une question d'éducation, de savoir-fae, l'utilisation intelligente et pratique des activités et du temps, et l'exercice [:< initiatives personnelles: pas de préjugés, pas d'esprit routinier: apprenons à économiser nos forces et notre temps.
Avee de la méthode, des heures strictement révulières, une activité bien entendue qui ne s'épuise pas sur des détails secondaires, une femme peut faire, sans fatigue, trois fais le trava.l de celle qui est désordre. agitée et incapable. Parmi les ennemis qui dévorent le temps, je mets au premier rang la mode. (‘est un gouffre où sont jetées sans profits beaucoup d'argent et beaucoup de temps, Si tous les six mois, il ne fallait pas modifier robes, manteaux et chapeaux: si l’on portait ses hardes a :si longtemps qu'elles
sont propres et convenables, re serait cer- , tsinement un progrès et le triomphe du bon sens. (‘était le système des anciennes et il valait mieux que le nôtre. Il ne faudrait | qu'un peu de courage pour dédaigner la mode quand elle inspire des absurdités comme de transformer une jolie robe parce qu'elle n'est D pas le tout dernier eri.
d: J'aime beaucoup une jolie maison installée avee confort et élégance. et il se trouve que cette élégance s'arrange très bien avec la simplicité: l'encombrement des bibelots et des objets inutiles est toujours laid, il nuit à l'harmonie et donne du travail. Essayez un peu d'enlever dans chaque pièce ce qui ne sert qu'à conserver la poussière, et vous aurez fait quelque chose pour l'embellissement de votre ‘‘chez vous” et pour la diminution du travail.
Ce qui trouble et triple la somme d'ouvrage dans une maison, ce sont les membres de la famille que l'on sert et qui ne rendent pas de services. Que chacun, autant que possible, évite aux autres le travail qu’il peut faire: habituons nos enfants à s'aider, à remettre à leur place les objets dont ils se servent. Que le mari ait moins recours à sa femme pour ce qu'il peut faire lui-même.
C'est sans réflexion qu'il lui impose tant de pas inutiles et de petites fatigues qui comptent lorsqu'on en fait l'addition.
F * Beaucoup de jeunes femmes de nos jours, animées d'excellentes intentions, s'occupent
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activement d'oeuvres de charité qui nécessitent des sorties fréquentes et leur donnent parfois bien des soucis. Elles ont tort: qu'elles laissent ces oeuvres à celles qui sont libres et qui n'élèvent pas des enfants. Elles dépensent au dehors des forces dont elles ont besoin à la maison, et nécessairement le gouvernement de leur maison souffre de leur absence et de leur énervement dû à la fatigue.
Pour le moment, leurs devoirs bien compris et bien exécutés suffisent à remplir leur vie. Si elles ont des loisirs qu'elles se reposent, qu'elles se distraient, et qu'elles fassent bénéficier leur mari de leurs heures de liberté.
LVIIT
Nostalgie du vert
Les habitants des pays où l'hiver ne fait que passer ne peuvent s'imaginer, Je crois, la nostalgie du ‘‘vert’”” qui, dès février, saisit, à leur insu, les Canadiens et les rend malades sans qu'ils sachent pourquoi: anémie, fièvre. lassitude insurmontable. . .au fond, ils n'en peuvent plus! Tant de froic, de neige, d'absence de couleur les « transis!
Les premiers rayons chauds les grisent, mais le froid cruel et rancunier les ressaisit et <e hâte de leur faire du mal avant d'être définitivement chassé. Elle est bien longue,
l'attente des feuillages tendres et des brises caressantes! L'âme languit dans ce purgatoire: sûre du printemps, ne pouvant l'avancer d'une heure, elle attend, attend!
Tout à coup pourtant il éclatera: en quelques jours tous les arbres seront verts, les vergers fleuriront, et dans les coeurs ce sera aussi le printemps: toute la beauté du dehors pénèêtrant dans les âmes pour les remplir de bonté et de tendresse.
Cet amour de la nature vivante et fleurie se rattache à nos origines: vous savez bien ? ‘‘’Adam et Eve étaient heureux dans un jardin magnifique où croissaient toutes les fleurs et tous les fruits..."
C'est peut-être pourquoi nos bonheurs sont incomplets s'ils sont renfermés entre des murs sombres loin des jardins embaumés et des grands espaces verts.
Je ne connais rien de plus triste qu'un orphelinat situé au centre d'une grande ville les petits enfants y sont blanes et frêles comme les plantes tenues à l'ombre. Ils jouent dans des cours grises, entre des murs gris, et des hautes fenêtres, ils n'aperçoivent que des toits sombres et de tout petits coins de ciel dont la fumée cache la beauté claire.
On à dit que ce qu'il y a de plus pur et de plus heureux dans notre intelligence prend sa source dans les beaux spectacles que nous avons eus sous les veux. Quelles pauvres et tristes images vêtiront les pensées et les émotions des pauvres petits qui grandissent
privés des tendresses maternelles, et ignorants de la splendeur r#yonnante des espaces libres où Dieu jette ses merveilles à profusion. Si c'est vrai que plus nous voyons de belles choses, plus nous devenons aptes à en faire de bonnes, est-ce que tous les enfants ne devraient pas avoir leurfpart de alex de beaux arbres, de champs verts où 4or6:
d'horizons larges et eluirs? Elles -ont si exquises les extases des enfants à qui leur mère apprend à découvrir la beauté et à l'aimer.
On se demande si, dans la vie vertigineuse qui les emporte, les jeunes mères comprennent toujours assez que c'est elles qui doivent ouvrir les veux et l'intelligence de leurs petits enfants et leur révéler les liens mystérieux qui les rattachent à tout ce qu'ils voient comme à tout ce qu'ils ne voient pas sur la terre et dans le ciel? Les imprégner de la poésie des choses, tourner leurs âmes vers la Beauté, c'est le commencement, le premier échelon de l'ascension qu'ils entreprennent sous l'impulsion maternelle: ils ne l'oublieront jamais, et la maternité spirituelle est la seule qui permette aux mères de posséder l’âme de leurs enfants et d'y régner en souveraines toujours.