Deuxième partie. Bijoux, vêtements, etc
800 livres de rente viagère constituée sur les revenus du roi sur la tête ie la d"« Balletti par contrat passé devant Baron notaire le 7 juillet 1758.
300 livres de rente viagère de la Tontùae créée par édit du janvier 1743, :mployée à raison de 3 actions dans chacune des 5 preinières divisions et le 5 dans la sixième de la première classe, constituée sur les revenus du ci par devant le même notaire le 25 juin 1744.
300 livres de pension viagère accordée par Sa Majesté à hx d"" Balletti ur la cassette du roi.
300 livres par Madame la Marquise de Pompadour.
6157 1. 9 s. 3 d. à elle dus par le s"" Balletti son père, qui lui a cédé cette omme à prendre sur une autre de 15,000 1. à luy appartenant, ainsi qu'il st mentionné dans un acte du 13 février 1760. (Chomel notaire.)
(Ces documents se trouvent en l'étude de M" Duhau, notaire, 3, rue I^ifitte, à Paris.)
(r) I,es Caractères de I^ Bruyère.
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(GIOVANNA BENOZZJ BALLETTl)
GiovANNA OU Rosa Benozzi, mieux connue sous le nom de Silvia, sous lequel elle est inscrite en lettres d'or dans les annales du théâtre italien en France, naquit vers 1701, à Toulouse^ d'un couple de comédiens errants. Elle se fixa avec son père à Paris en 1716, entra comme soubrette dans la troupe italienne et, en 1720, épousa Giuseppe Balletti, alors second amoureux, celui-là même qui, aux côtés de sa femme, devait s'illustrer sous le nom de Mario. Ce fut un mariage d'amour et une union heureuse, de laquelle naquirent quatre enfants : Antonio -Stefano, en 1724, Luigi- Giuseppe, en 1730, Guglielmo-Luigi en 1736, et, en 1740, Maria-Maddalena, la Manon de Casanova.
Silvia, parvint bientôt à l'emploi de prima donna qu'elle occupa jusqu'en 1749, année où elle céda la place à la Favart, passant elle-même à l'emploi de mère noble. Elle jouissait d'une grande célébrité et d'une popularité cordiale et sympathique, tant parmi le public que dans le monde; dès 1725 un poète anonyme la chantait dans le Mercure de France, la faisant naître des amours de Protée et d'Hébé :
Qui pourrait s'y tromper? Elle a du dieu son père Cet ingénieux caractère
D'enjoûment, de variété, ;
Et la naïveté de sa charmante mère.
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Et un autre poète, moins hyperholiquement, mah tout aussi flatteusement :
Toi que les Grâces ont foniue.
Sois sûre, aimable Silvia, Oiie tu seras toujours aimée Tant que le bon goût durera.
Et pourtant Bartoli, dans ses Notizie dei comici italiani, source précieuse de renseignements que Von chercherait en vain ailleurs, ne fait pas la moindre allusion à Silvia, si bien qu'Ademollo, pour établir sa biographie, doit recourir aux Mémoires de Casanova; et c'est ce que nous ferons nous aussi.
Casanova fut présenté à Silvia en 1750 par un des fils de la charmante artiste, Antonio- S tefano, danseur et comédien, qu'il avait connu en Italie et avec lequel il s'était rencontré à Paris. La célèbre actrice qui, peu s'en faut, nous l'avons vu, faillit devenir la belle-mère de l'aventurier, lui fit une telle impression qu'elle lui inspira, à quarante ans de distance, une des plus belles pages des Mémoires, et qui vaut la peine d'être citée en entier.
« Silvia jouissait de la plus grande réputation; je la jugeai (néanmoins) au-dessus de tout ce qu'on en publiait. Elle avait environ cinquante ans, la taille élégante, l'air noble, les manières aisées, affable, riante, fine dans ses propos, obligeante pour tout le monde, remplie d'esprit et sans le moindre air de prétention. Sa figure était une énigme, car elle inspirait un intérêt très vif, plaisait à tout le monde; et malgré cela, à l'examen, elle n'avait pas un seul beau trait marqué; on ne pouvait pas dire qu'elle fût belle; mais personne sans doute ne s'était avisé de la trouver laide. Cependant elle n'était pas de ces femmes qui ne sont ni laides ni belles; car elle avait un certain je ne sais quoi d'intéressant
qui sautait aux yeux et qui captivait. Mais qu* était-elle donc?
« Belle, mais par des lois inconnues à tous ceux qui, ne se sentant pas entraînés vers elle par une force irrésistible qui les forçait à l'aimer, n'avaient pas le courage de l'étudier et la constance de parvenir à la connaître.
« Silvia fut l'idole de la France et son talent fut le soutien de toutes les comédies que les plus grands auteurs écrivirent pour elle, et particulièrement Marivaux. Sans elle, ces comédies ne seraient pas passées à la postérité. On n'a jamais pu trouver une actrice capable de la, remplacer, et pour qu'on la trouve, il faut qu'elle réunisse en elle toutes les parties que Silvia possédait dans l'art difficile du théâtre : action, voix, esprit, physionomie, maintien, et une grande connaissance du cœur humain. Tout en elle était nature, et l'art qui la perfectionnait était toujours caché.
« Aux qualités dont je viens de faire mention, Silvia en ajoutait une autre qui leur donnait un nouvel éclat, bien que, si elle ne l'avait pas possédée, elle n'en eût pas moins brillé au premier rang sur la scène: sa conduite fut toujours sans tache. Elle voulut des amis, jamais des amants; se moquant d'un privilège dont elle aurait pu jouir, mais qui l'aurait rendue méprisable à ses propres yeux. Cette conduite lui valut le titre de respectable dans un âge où il aurait pu paraître ridicule et même injurieux à toutes les femmes de son état; et nombre de dames du plus haut rang l'honorèrent plus encore de leur amitié que de leur protection. Jamais le capricieux parterre de Paris n'osa siffler Silvia, même dans les rôles qui ne lui plaisaient pas; et tout le monde s'accordait à dire que cette actrice célèbre était une femme fort au-dessus de son état... (i) »
(i) Mémoires, II, 298. Cf. aussi A. Ademollo, Una famigUa di comici iUiliiini nd secnlo XVllI, T'ireiize, 1S85.
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Ce portrait est important, non seulement parce qu'il nous donne la physionomie d'une grande comédienne, mais aussi parce qu'il nous montre Casanova sous un aspect nouveau, dominé par le prestige d'une conduite impeccable et de mœurs irréprochables. Ce sont les propres termes d'Ademollo, auxquels on voudrait pouvoir donner une adhésion pleine et entière. Mais le distingué érudit ne connaissait pas un document découvert récemment à la Bibliothèque de l'Arsenal {Archives de la Bastille, 10235) par M. P. d'Estrée et que je peux publier grâce à l'aimable concours de M. Tage E. Bull. Il s'agit d'un journal dans lequel V inspecteur de police Meusnier notait de temps en temps, pour sa commodité personnelle, ou peut-être pour les communiquer à ses supérieurs, les informations qu'il était à même de recueillir. Le cahier commence par ces mots :
ACTRICES — COMÉDIE ITAIylENNE