‹ Lettres de guerre, 1914-1915Chapitre 14 sur 14 · PAT HT S · texte numérisé non relu

PAT HT S

Femme sans mari, Mère sans fils, Fils sans père, Tous, Aveugles, Manchots, Bancals, Débris de guerre, Blessés, Evacués, Malades, Prisonniers, Vous tous qui reviendrez, tous qui que vous soyez : N'oubliez pas ! N'oubliez pas ! N'oubliez pas !

Oui, vivons ! Puissions-nous être un vivant symbole Lorsque le jour d'oubli voudra naître frivole. Vivons pour ce jour-là qui viendra, — car le Temps Use le souvenir des forfaits les plus grands — Pour crier haut : N'oublions pas ! N'oubliez pas !

Dieu nous avait appris le pardon des in jures, Dieu ne peut pardonner la traîtrise aux parjures Qui, pour armes, prenaient les gaz, le vitriol Et commandaient le meurtre et prônaient le viol ! — Regardez-nous ! - Souvenez-vous ! — N'oubliez pas !

« C'est ma façon, à moi, de te rester fidèle » (M'écrivais-tu jadis) ! — Je te prends pour modèle , Si je n'ai plus mes yeux, j'ai du moins la santé. — Oui, ne pas te survivre eut été lâcheté : J'ai ma voix, je crierai :

« Français, n'oublions pas !

PATRTE

PATRIE

Oui j'ai donné mes yeux, j'ai donné mon Amie Pour te garder intact, patrimoine sacré, Héritage pour qui chaque homme sacrifie Son repos, son bonheur et, s'il le faut, sa vie ! J'ai donné mon amour, mes yeux à ma Patrie. . . La Patrie ô Symbole abstrait et vénéré.

La Patrie ? Est-ce la maison du père, La terre où Ton naquit, la chambre où Ton rêvait ? Est-ce le champ que, tendrement, on cultivait, Le vieux clocher pointu dominant la chaumière,

L'océan fourbe dont le chant grisait ?

La Patrie ? Est-ce l'amour d'une mère Qui pleure et prie, et guette au foyer déserté ? Est-ce, pour l'orphelin, cet amour souhaité D'une femme qui vous chérit, que l'on vénère :

L'amour profond basé sur la fierté ?

La Patrie ? Est-ce l'hymne que Ton aime, Ce chant de nos aïeux naissant toujours nouveau, Ce chant de liberté montant toujours plus haut Qui vous prend à la gorge et fait pleurer quand même

Tant chaque jour il vous semble plus beau ?

PATRIE

La Patrie est plus encor ! — La Patrie C'est l'ensemble du sol conquis par vos exploits 0 nos premiers aïeux, Celtes, Bretons, Gaulois : C'est la France vaillante, aujourd'hui si meurtrie,

Luttant pour son Honneur et pour vos Droits !

La Patrie — ô Soldats — regardez son emblème : Bleu du Ciel, BlancdesMonU,Rougedu Sol — Drapeau !

Or, pour moi, ce Drapeau, c'est toi : Morte que j'aime,

Car j'ai sous mes yeux clos ta vision suprême :

Bleu des yeux, Blanc des dents, Sang Rouge sous ta peau !

Je vis. . .

Et ton image est Patrie et Drapeau !

TABLE

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Préface. vu

AMOUR Lui à Elle

Ne te souvient-il pas que parfois je disais 3

Elle à Lui

Ne pense pas à moi lorsque tu partiras 7

Lui à Elle

C'en est fait, Tordre est là : demain matin je pars. . . 9 Elle à Lui

Je vais abandonner, mon Aimé, la demeure 11

Je vais à l'hôpital pour tuer ma tristesse 15

Lui à Elle

Mais quel mal faisaient-ils en flirtant, mon Aimée. . . 19

TABLE

GLOIRE-ANGOISSE

Lui à Elle

Paysages chéris, témoins de mon enfance 25

Nous avons pris la garde, en avant, ce matin 27

Celui que vous pleurez, Madame, est un héros 29

Elle à Lui

Je ne sais plus comment je vis 37

Des bruits effroyables circulent 39

Le recul est fini. Cette fois, c'est la lutte 41

Oh ! Ce communiqué sublime, officiel 43

Lui à Elle

Je me demande, Amie, avec anxiété 47

Elle à Lui

Ta lettre arrive !... ô quelle joie < 51

Lui à Elle

Le crime est consommé. — La Cathédrale brûle !.. 53 Elle à Lui

Oui, c'en est fait : je suis partie 57

Lui à Elle

C'est pour vous que j'écris, Ames qui me sont chères. 63

Enfant, — les mots sacrés de la sainte prière 71

Aujourd'hui, traversant par hasard ce village 73

Elle à Lui

Ami, si tu savais 81

Marie-Jeanne , 85

TABLK

Lui à Elle

Ce que je vois ? — Des champs incultes, des ruines. 91

Elle à Lui

J'ai besoin de te dire : « ô mon Aimé, je t'aime ». . 93 Lui à Elle

Nul ne peut ici-bas savoir sa destinée 97

Je n'ai rien vu de la bataille 103

SOUFFRANCE Lui à Elle

0 mon Amour aimé, ma Tendresse, ma Vie 109

Je souffre maintenant une torture affreuse 113

Tu me disais, — t'en souvient-il ? 117

Elle à Lui

Je t'aime, mon Ami, bienmieuxque je t'aimais 119

Lui à Elle

Souvent je parais fort et je fais le bravache. . . 123

Elle à lui

Il est minuit, mon Bien-aimé : le tocsin sonne 127

Lui à Elle

Voici huit jours bientôt qu'elle m'est arrivée 131

Pour Lui

Gomme était fidèle 135

TABLK

Lui à Elle

Quoi, plus un mot d'amour quand je suis comme un lâche , 137

Pour Lui

Mon Ami, la voici cette lettre attendue 139

Lui à Elle

Tes lettres, mon Amie, elles créaient mes joies 143

Pour Lui

Excusez, Monsieur, les mots quej'écris 149

A celle qui n'est plus Elle Par amour pour la Morte, il ne faut pas mourir. . . 155

PATRIE

N'oubliez pas ! 159

Patrie 163

Poitiers. — Imp. G- ROY, 7, rue Victor-Hugo.

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