PAT HT S
Femme sans mari, Mère sans fils, Fils sans père, Tous, Aveugles, Manchots, Bancals, Débris de guerre, Blessés, Evacués, Malades, Prisonniers, Vous tous qui reviendrez, tous qui que vous soyez : N'oubliez pas ! N'oubliez pas ! N'oubliez pas !
Oui, vivons ! Puissions-nous être un vivant symbole Lorsque le jour d'oubli voudra naître frivole. Vivons pour ce jour-là qui viendra, — car le Temps Use le souvenir des forfaits les plus grands — Pour crier haut : N'oublions pas ! N'oubliez pas !
Dieu nous avait appris le pardon des in jures, Dieu ne peut pardonner la traîtrise aux parjures Qui, pour armes, prenaient les gaz, le vitriol Et commandaient le meurtre et prônaient le viol ! — Regardez-nous ! - Souvenez-vous ! — N'oubliez pas !
« C'est ma façon, à moi, de te rester fidèle » (M'écrivais-tu jadis) ! — Je te prends pour modèle , Si je n'ai plus mes yeux, j'ai du moins la santé. — Oui, ne pas te survivre eut été lâcheté : J'ai ma voix, je crierai :
« Français, n'oublions pas !
PATRTE
PATRIE
Oui j'ai donné mes yeux, j'ai donné mon Amie Pour te garder intact, patrimoine sacré, Héritage pour qui chaque homme sacrifie Son repos, son bonheur et, s'il le faut, sa vie ! J'ai donné mon amour, mes yeux à ma Patrie. . . La Patrie ô Symbole abstrait et vénéré.
La Patrie ? Est-ce la maison du père, La terre où Ton naquit, la chambre où Ton rêvait ? Est-ce le champ que, tendrement, on cultivait, Le vieux clocher pointu dominant la chaumière,
L'océan fourbe dont le chant grisait ?
La Patrie ? Est-ce l'amour d'une mère Qui pleure et prie, et guette au foyer déserté ? Est-ce, pour l'orphelin, cet amour souhaité D'une femme qui vous chérit, que l'on vénère :
L'amour profond basé sur la fierté ?
La Patrie ? Est-ce l'hymne que Ton aime, Ce chant de nos aïeux naissant toujours nouveau, Ce chant de liberté montant toujours plus haut Qui vous prend à la gorge et fait pleurer quand même
Tant chaque jour il vous semble plus beau ?
PATRIE
La Patrie est plus encor ! — La Patrie C'est l'ensemble du sol conquis par vos exploits 0 nos premiers aïeux, Celtes, Bretons, Gaulois : C'est la France vaillante, aujourd'hui si meurtrie,
Luttant pour son Honneur et pour vos Droits !
La Patrie — ô Soldats — regardez son emblème : Bleu du Ciel, BlancdesMonU,Rougedu Sol — Drapeau !
Or, pour moi, ce Drapeau, c'est toi : Morte que j'aime,
Car j'ai sous mes yeux clos ta vision suprême :
Bleu des yeux, Blanc des dents, Sang Rouge sous ta peau !
Je vis. . .
Et ton image est Patrie et Drapeau !
TABLE
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Préface. vu
AMOUR Lui à Elle
Ne te souvient-il pas que parfois je disais 3
Elle à Lui
Ne pense pas à moi lorsque tu partiras 7
Lui à Elle
C'en est fait, Tordre est là : demain matin je pars. . . 9 Elle à Lui
Je vais abandonner, mon Aimé, la demeure 11
Je vais à l'hôpital pour tuer ma tristesse 15
Lui à Elle
Mais quel mal faisaient-ils en flirtant, mon Aimée. . . 19
TABLE
GLOIRE-ANGOISSE
Lui à Elle
Paysages chéris, témoins de mon enfance 25
Nous avons pris la garde, en avant, ce matin 27
Celui que vous pleurez, Madame, est un héros 29
Elle à Lui
Je ne sais plus comment je vis 37
Des bruits effroyables circulent 39
Le recul est fini. Cette fois, c'est la lutte 41
Oh ! Ce communiqué sublime, officiel 43
Lui à Elle
Je me demande, Amie, avec anxiété 47
Elle à Lui
Ta lettre arrive !... ô quelle joie < 51
Lui à Elle
Le crime est consommé. — La Cathédrale brûle !.. 53 Elle à Lui
Oui, c'en est fait : je suis partie 57
Lui à Elle
C'est pour vous que j'écris, Ames qui me sont chères. 63
Enfant, — les mots sacrés de la sainte prière 71
Aujourd'hui, traversant par hasard ce village 73
Elle à Lui
Ami, si tu savais 81
Marie-Jeanne , 85
TABLK
Lui à Elle
Ce que je vois ? — Des champs incultes, des ruines. 91
Elle à Lui
J'ai besoin de te dire : « ô mon Aimé, je t'aime ». . 93 Lui à Elle
Nul ne peut ici-bas savoir sa destinée 97
Je n'ai rien vu de la bataille 103
SOUFFRANCE Lui à Elle
0 mon Amour aimé, ma Tendresse, ma Vie 109
Je souffre maintenant une torture affreuse 113
Tu me disais, — t'en souvient-il ? 117
Elle à Lui
Je t'aime, mon Ami, bienmieuxque je t'aimais 119
Lui à Elle
Souvent je parais fort et je fais le bravache. . . 123
Elle à lui
Il est minuit, mon Bien-aimé : le tocsin sonne 127
Lui à Elle
Voici huit jours bientôt qu'elle m'est arrivée 131
Pour Lui
Gomme était fidèle 135
TABLK
Lui à Elle
Quoi, plus un mot d'amour quand je suis comme un lâche , 137
Pour Lui
Mon Ami, la voici cette lettre attendue 139
Lui à Elle
Tes lettres, mon Amie, elles créaient mes joies 143
Pour Lui
Excusez, Monsieur, les mots quej'écris 149
A celle qui n'est plus Elle Par amour pour la Morte, il ne faut pas mourir. . . 155
PATRIE
N'oubliez pas ! 159
Patrie 163
Poitiers. — Imp. G- ROY, 7, rue Victor-Hugo.