N'OUBLIEZ PAS
Mai 1915.
Infirmières du front, Infirmières des villes, — 0 Sœurs de charité, laïques et civiles ! — Mères qui m'entendez, Femmes de nos Soldats, Filles des rescapés des glorieux combats, Ecoutez-moi ! — Souvenez-vous 1 — N'oubliez pas !
Elle est morte celle que j'aime. — Ils l'ont tuée Traîtreusement, en faisant choir de la nuée Leurs obus destructeurs, engins d'assassinats ! — Et moi je suis aveugle ! — 0 désespoir ! — Soldats Mes frères, vengez-moi, — tous — et n'oubliez pas !
Les lâches t'ont tuée, Amie, ô mon refuge En la nouvelle vie où je viens en transfuge Et je n'ai plus mes yeux pour pouvoir te venger, Mais j'ai du moins ma voix pour les encourager Ceux qui restent, et pour crier : N'oubliez pas !
Ils t'ont tuée, ô toi mon seul motif de vivre, Mon Aimée, — et j'ai cru ne pouvoir te survivre; Mais je surmonterai ma douleur en Français, En Soldat, pour clamer, même après le Succès ; Vous qui restez: N'oubliez pas ! N'oubliez pas !