PREFACE
le crois pas me laisser égarer par V amitié en affirmant que VOICI Vun des plus beaux recueils de « lettres de guerre » que Von ait encore publiés^ et que certaines des pages qui le composent sont destinées à devenir classiques^ à enrichir ks anthologies épistolaires de Vavenir. Mieux, en tout cas, qu"* aucun des autres livres de Pierre- Maurice M assort, celui-ci-, — quHl n'a jamais songé à publier, et dont il a écrit, au jour le jour, au cantonnement ou à la tranchée, pour les siens et pour ses amis, les rapides feuillets épars, — contribuera à le faire admirer et aimer, parce qu'aucun autre ne Vexprime aussi complètement, aucun ne met plus fortement en lumière ses riches dons d'écrivain et sa haute personnalité morale.
C'était un écrivain de race. Certes, à lire son Lamartine ou son Vigny, sa Tencin, son Fénelon ou son Rousseau, il était facile de s^en apercevoir. Mais on aurait pu se demander si cette élégance littéraire, ce souci de la forme parfaite qui caractérisent chacun des écrits de Maurice Masson n^ étaient pas, comme cela arrive si souvent, Vheureux résultat d'un effort volontaire, d'aune jolie réussite d'art. Moi-même, si j'ai bonne mémoire, ne lui avais-je pas reproché un jour de parfois « trop bien écrire », ne détestant point certaines menues négligences apparentes, un certain laisser aller, qui enlèvent au style un peu d'apprêt, le rapprochent du libre mouvement de la nature et de la vie? J'avais eu tort sans doute ! Maurice Masson était naturellement élégant dans son style, comme il l'était dans toute sa personne et dans sa vie morale; il l'était spontanément, et non point seulement, comme il le dit souvent dans ses lettres, par scrupule de (.i bon ouvrier)); il l'était, parce qu'il était ainsi fait, tout simplement. Et c'est ce qui ressort du moin-