NOTICE BIOGRAPHIQUE
« Il faut d'abord que justice soit faite.» « Il faut penser à la victoire nécessaire, à la revanche de la justice. » « Il y a des moments où l'on aspirerait lâchement à la paix ; mais nous avons trop souffert au nom de la justice pour accepter une paix sans elle. » Ces généreuses affirmations reviennent bien des fois dans les lettres écrites du mois d'août 1914 au mois d'avril 1916 par Pierre-Maurice Masson. Il disait encore, il y a un an, d'un ami glorieusement tombé : « Il s'est réveillé dans la sérénité sans fin qui attend les défenseurs de la justice. » A lui aussi on peut appliquer maintenant cette parole, car c'est bien pour la justice qu'il a été prêt pendant vingt mois à donner sa vie et que finalement il l'a donnée
Ce sentiment du droit violé et des réparations qu'il exige, cruellement avivé par le long crime que n'a cessé d'être depuis son début la guerre allemande, avait toujours été fort en Pierre-Maurice Masson. Il n'avait jamais pris son parti de l'injustice de 1871, et, en septembre 1911, il écrivait à son ami Victor Giraud : « Pensons-y et parlons-en. Le temps des silences douloureux et des pudeurs contenues est passé. Il ne faut pas craindre de dire... que nous n'acceptons pas le brigandage et que nous réclamons notre bien volé ». C'était au moment où une nouvelle agression de l'Allemagne, celle d'Agadir,