‹ Lettres de Gui Patin, 1630-1672Chapitre 106 sur 260 · Dernier membre de phrase supprimé dans les édit. ant · texte numérisé non relu

Dernier membre de phrase supprimé dans les édit. ant

trouva le foye tout desséché comme aussi estoit toute l'habitude du corps ; un abscez crevé daus le méseutère de la largeur d'un fond de chapeau,, avec quantité de pus espandu dans le cfecuni, colon et rectum, qui en estoient tous gangrenez ; le pus en estoit un peu verdastre et fort puant. Il avoit vuidé quelques vers durant sa maladie ; on en trouva encor un grand dans son ventricule, avec cincq petits qui s'y estoient engendrez depuis peu, pour le lait avec horrible quantité de sucre qu'il a pris durant sa maladie, reclamanlibus licet ac repugnantibiis medicis, ausquels il n'a presque point cru en toute cette dernière maladie. Il avoit aussi les deux poumons adhérans aux costes, et un abscez dans le gauche, avec beaucoup de sérositez dans le creux de la poitrine*. Voilà tout ce qui s'en est dit, et dont tout habile homme peut mourir. M. Bouvard n'est plus rien : il a de réserve une bonne pension, et est retiré chez luy avec soixante-dix ans qu'il a sur la teste. M. Cousinot, son gendre, est premier médecin du Roy, et a suivy la fortune de son maistre, M. le Dauphin ^

J'ay grand désir de voir les Institutions de G. Hofmanus ; taschez de les faire mettre sur la presse bientost après que vous les aurez reçeues. Pour le Palinarius de Pomaceo % je ne loublieray point quand il se trouvera : il n'est pas mauvais. Le Canonherius*, de adniirabilibus vint vlrtatibus % est un chétif ouvrage, aussi bien que tout ce qu'il a fait sur les Aphorismes d'Hippocrate \ en deux volu-

1. Voir sur la mort de Louis XIII les noies de la lettre du 15 mai 16U3.

2. Cousinot {Jacques), Ois de Cousinot Jacques, également médecin, né à Paris en 1585, mort en 1645. Docteur en médecine en 1618, doyen de la Faculté en 1624 et 162o. Professeur au Collège de France, charge dans laquelle il remplaça Chartier, en 1623. Médecin de Louis XIII, dès 1628, il était premier médecin du Dauphin, h la mort du roi, et fut alors nommé, comme l'indique Patin, premier médecin de Louis XIV. Il avait épousé Anna Bouvard, fille de Charles Bouvard, premier médecin de Louis XllI, et cette circonstance servit puissamment sa fortune.

3. Paulmier (Julien Le) dit Palmarius : De vino et pomaceo libri duo. Pauisiis, 1588, in-folio. Voir sa note : Lettre du 28 mars 16U3.

4. Canoherius ou Canonieri {Pierre-André) médecin et jurisconsulte Génois du dix-septième siècle.

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