‹ Lettres de Gui Patin, 1630-1672Chapitre 108 sur 260 · Paragraphe précédent supprimé dans les édit. antér · texte numérisé non relu

Paragraphe précédent supprimé dans les édit. antér

5. lligaud (Nicolas), magistrat érudit, né eu 1577, mort en IGoi-,

de Minucius Félix \ in-quarto, ciiin notis. Un président de Toulouse, nommé M. de Gramont, est icy qui a fait apporter un corps d'histoire de France en latin, in-folio, ab excessii Henrici IV, imprimé à Toulouse, qui ne va que depuis l'an 1610 jusqu'en l'an 1628 ; mais on n'en faict point icy d'estat et n'a aucun débit. Il a dit, au commencement, en parlant de l'histoire de feu M. le président de Thou, et en s'y comparant en quelque façon : Thuaniis plura, ego majora. Mais le bon seigneur n'a que faire de craindre le coup, il ne viendra pas jusque à lui ; il n'approche en rien de M. de Thou ; son latin n'est guère bon ; il flatte fort les jésuites. Il n'y a pas un éloge qui vaille ; il y a peu de particularilez et n'est guesre autre chose que le Mercure françois assez mal tourné : Cuin prunuin animam ad scribendum appiilU, id sibi negoiii credidil solum dari, Richelio ut placèrent, quas fecisset fabulas ; car il a loué ce tyran mort partout où il a peu". Mais il n'est plus temps, la mort les a trompés tous deux: l'un est passé, l'autre est venu trop tard.

9 DE 3v\y \ Madame de Brassac eut sou congé de la Reine, il y a environ dix jours, et madame de Lansac eut le sien, il n'y en a que trois. On a osté le gouvernement de la

1. Minucius (Félix), un des premiers apologistes du cfiristianisme, vivait au m" siècle après J.-C. Son Octaviiis, introduction philosophique sous forme de dialogue à l'étude du christianisme, a été édité bien des fois depuis Je xvii« siècle jusqu'à nos jours. L'édition de Rigaud, dont parle Patin, venait d'être publiée, in-4", cette même année 16i3.

2. Se reporter à la lettre de Patin du 2 juin 16t3. Voir aussi, sur cet ouvrage, une note placée sous une lettre de Guez de Balzac du 16 février 16i-i, dans les Mélanges historiques de 1873 (page 48o). Chapelain se montre presque aussi sévère pour l'ouvrage du i)résident de Grammont que Guy Patin lui-même. L'assertion de Patin, déclarant que l'histoire de Grammont n'est f[ue du Mercure français, doit être rapprochée de l'aveu que fit cet auteur à Cliapclain qu'il l'avait écrite d'après la Gazette. Dans la Bibliothèque historique de la France (Tome p. 456, n" 21.569), il esrt dit que le président de Grammont composa ses annales sur les mémoires des ducs de Mayenne et de Rohan et sur les actes publics. Voir aussi la lettre de d'Andilly à M. de Monlrave, président au parlement de « Tolose ». Son appréciation est identique. Cependant Bayle dit que cette histoire était assez estimée. Cf. Tamizey de la Roque, Op. cit. T. Il, p. 637.

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