Cf. sa note : Lettre du 3 janvier
me semble qu'entre les Dialogues de Yaniny ', il y en a un de Dœmoniacis, au moins, en est il parlé quelque part, et y en a de fort bonnes choses. 11 s'est autrefois icy fait un petit traite touchant cette Marthe Brossier, par un de nos médecins (c'estoit le grand Piètre, maistre Simon, qui mourut l'an 1618) ^ Je vous envoyé le mien que voilà que je mets en vostre pacquet ; j'en recouvreray un autre.
Vostre célèbre Ministre de qiio siiprà, M. du Moulin, réfutant les miracles de la Papauté, a dit que nos moines ne sçavoient faire que ce miracle, de chasser ces prétendus diables : c'est en son livre de l'accomplissement des Prophéties. La Démonomanie de Bodin ' ne vaut rien du tout : il n'y croiait point luy-mesme: il ne fit ce livre, qu'afin qu'on creut qu'il y croïoit, d'autant que pour quelques opinions un peu libres, il fut soubçonné d'athéisme : puis il favorisa les Huguenots : depuis, il se fit Ligueur, de peur de perdre son office ; et enfin mourut de la peste à Laon, où il estoit Procureur du Roy ; Juif et non Chrestien: il croïoit que cehiy qui avoit passe 60 ans, nepouvoit mourir de ce mal, et luy-mesme en mourut l'an 1596. Pline avait eu la mesme opinion. Il y aussi quelque chose de gaillard de cette démonomanie dans le Baron de Feneste*, 1'° ou 2'- partie, où se lisent des vers qui commencent ainsi :
Notre Curé la baille belle Aux Huguenots de la Rochelle.
1. Aanini (Julio), de son vrai nom Ucilio Pompeio, né en lo84 à Taurisano (Terre d'Otrante) mort le 9 février 1(519. Philosophe célèbre par la hardiesse de ses idées et la cruelle condamnation qu'elles lui attirèrent. Il fut poursuivi comme athée, condamné à avoir la langue coupée et à être ensuite brûlé. Les dialogues signalés par Patin furent publiés sous le titre suivant: De admirandis Natune reginrc dercque mortalium arcanis, en 60 dialogues. Paris, 1616. (^et ouvrage est dédié au maréchal de Bassompierre dont Yanini avait été l'aumônier.
2. Discours véritable sur le fait de Marthe Brossier. Paris, 1o90. — P. M. Docteur on médecine. Cet ouvrage, signé par les initiales de Marescot, avait été rédigé par Simon Piètre, son gendre.
3. La Démonomanie ou traité des sorciers. Paris, 1387. Bodin [Jean] né à Angers vers 1530, mort de la peste à Laon en 1596. Magistrat érudit et célèbre écrivain politique.
4. D'Aubigné (Agrippa). Les .Aventures du Baron de Funeste, 1617,
Et néanlmoins, il y a bien encore de bonnes choses à dire sur cette matière, qui n'ont pas esté dites. Voyez le 2" tome des diverses leçons de Louis Guyon, siein- de la Nauche ', où il parle de certaines filles de Rome, en grand nombre qui lurent rudement fessées, par commandement du Pape Paul IV; et cœtera, quœ mémorise non siiccurriint.
Je vous remercie de ce que vous m'avez apris de la Pharmacie des Loyolites : ces bourreaux feront à la fin tous les mestiers imaginables, pourveu qu'il y ait à gagner^: cela servira au chapitre de la médecine qui sera dans le 4" livre que fait imprimer le bon M. Herman contre eux; qui est une réfutation de la responce qu'ils ont faite à son apologie '. Pour le Docteur Meissonnier, long temps y a que je le connois, et son mérite particulier pour la reconnoissanco duquel je luy souhaitte de bon cœur, une place aux petites maisons, qu'il mérite fort bien ; ou bien, comme disoit cet advocat de Nismes d'un mineur débausché qui plaidoit contre son tuteur, je demande qu'il soit fait moine, veu qu'il s'amendera là dedans, ou qu'il n'amendera jamais ailleurs. Il y eut autrefois un pcndard d'Italien qui osa bien faire des vers contre Marc-Antoine Muret *; mais parcequ'il y avoit des fautes, ce grand homme ne daigna
IG'IO, 1G30, 1729. Prosper Mérimée a pulilié une nomclle édition, en 1855, de ce spirituel et énigmatique i^anipldet.
1. Guyon (Lou/s), sieur de la iNanche, né à Dôle au seizième siècle, mort dans la même ville vers 1630. Conseiller du roi et médecin très érudit, mais n'ayant peu ou pas pratiqué son art. (C/., /« Lettre de Patin du 21 octobre ifi^'/'i.) L'ouvrage signalé par notre auteur perle le titre suivant: « Diverses leçons contenant plusieurs discours historiques et faits mémorables.— Ltox, 1604, in-8«, 1613, 1617, 1625, 2 vol. in-S".
2. Ce passage concernant les Jésuites a été supprimé dans les éditions précédentes.
3. C'était la troisième apologie de Godefroi Hermant conlrc les Jésuites; elle visait une réponse du P. Caussin (1643).
4. Muret (Marc-Antoine), érudit célèbre et poëte latin, ne à Muret, près Limoges en ir)26, mort à Rome en 1585. Professa la pliilosophie et le droit et eut de son temps une réputation prodigieuse. Entra dans les ordres en 1576.
luy faire responce : il envoya seulement ce distique à ce Bressan pour luy faire peur :
Brixia, vcstrates quœ condanl canninn rates, IS'on sunt nostrales tergere digna nales.
Jen dis de mesme des escripts de Meyssonnier. Quand il toniboit entre les mains de Joseph Scaliger. ({uelque ridicule pièce de quelque Loyolite, il la déchiroit et disoit ces mots de mespris : Charla ad spurcos usus asservanda. N'y auroit il pas raison d'en dire autant de l'affiche que j'ay receue, laquelle je ne garderay que parceque vous avez pris la peine de me l'envoyer. Je souhaitte que Dieu veille bien inspirer M. Iluguetan, afin qu'il commence bientost l'impression des Institutions de G. Hofmanus.
Pour vostre Sinibaldus, c'est celuy que je ne vis jamais : est-ce un nouveau livre? qui genus? iinde domo? il a quelque air d'Allemagne; mandez moy s'il vous plait le lieu et l'an de son impression. '
Je souhaitte au P. Fabry meliorem menfem : ces gens ne sont ils pas enragez de médire publiquement d'un des sçavans hommes qui furent jamais, 35 ans après sa mort ? et hoc est Loyoliticum. Si ce grand homme vivoit, toute cette troupe furieuse n'oseroit l'avoir regardé : à cujiis conspectu fiigerent ut à venio concassa folia. La braguette de Scaliger valoit mieux que toute force armée qui seroit composée de carabins du P. Ignace, qui ne sont au monde que tanquam cimices et pulices , nullibono, multorum incommodo''. Mais encore pourquoy luy en vouloit tant le P. Fabry ? Que luy a-il fait? Scaliger ne peut-il pas dire à ces bons Pères ce que dit Catulle au.t poètes de son temps qui faisoient de mauvais vers contre luy :
Qaid feci ego, qiiidve sum loqutus ?
Ciir me tôt inalis perderiint libellis?
Ce 12 DE NOVEMBRE. Mais enfin voylà que j'ay respondu