Même observation
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à la vostre que j'ay receiie ce matin : adeo mihi suave est teciim agere per literas, animl mei interpreles, quia aliter non dalnr. Il faut maintenant que je vous dise quelque chose du pais de deçà. La Reine continue d'estie libérale, et de prier Dieu, ut ?noris est devoto femineo sexui : le cardinal Mazarin est sunimus nostranun reruni prœfectus. Les Loyolites voudroient bien que M. de Noyers qui est leur grand arcboutant, pût estre racroché, au gouvernement, mais le peu de crédit qu'a le Père Ignace en nostre Ciel, ne luy sauroit donner cette faveur. On imprime icy un livre de M. de Saumaise, en latin, -pour M. de Balzac, adversus Dan. Heinsiuni, sur sa tragédie deHerodes Infanticida '. Ne vous mettez pas en peine de vostre pacquet; il est céans, et n'empire pas : vous y trouverez une Rome ridicule. Le Libraire qui l'a imprimé en a esté mis en prison aujourd'hui.
On dit icy qu'il court un procez verbal de l'exécution faite à Lyon le 12 de sept, l'an passé, que c'est une pièce latine bien faite, intitulée Litis Lugdunensis interpunctio : j'enay seulement ouy parler, mais je n'ay encore veu personne qui l'ait veu : si vous en scavez quelque chose faites moy le bien de m'en advertir : on m'a dit que le rouge tyran y est dépeint de vives couleurs. J'oubliais à vous dire que touchant les démoniaques, vous pouvez voir un livre in-4° imprimé à Genève, Lan 1612, intitulé : Jac. Fontani, Aquensis, Professorls regii, opéra omnia in quatuor partes dislincta '. Ille est optimus. Il y en a là dedans un petit traité pag. 532. Levius Leninius; in lib. de occullis naturœ mira-
1. La tragédie de Daniel Heinsiiis « Herodes Infanticida », qui avait fait beaucoup de bruit lors de sa publication, avait été critiquée par Balzac.
2. « Jacobi Fontani Sammaxniilani priniarii medici et in Academia Aquensi Borbonia l'rofessoi'iis Regii opéra : in quibus, universœ artis medicœ secundum Hippocratis et Galeni doctrinam partes quatuor methodicè explicanlur >,. Genève, 1613, in-4». —Fontaine (Jacques\ en latin Fontanus, originaire de Saint-Maximin (Var), mort en 1621. Aurait été un des médecins ordinaires de Louis Xlll. Fut premier régent de la Faculté de médecine d'Aix. Parmi ses ouvrages il faut citer: le Traité de la Thériaque. Avignon, 1601, in-12.
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culis'. Il fera encore meilleur de voir ce qu'en a dit etescript M. Riolan le père en son commentaire in libros Fernelii de abdilis reram causis ; etprincipalementencebeau chapitre qui est intitulé De spiritibus quorum gubernaculis tradunt mundum administrari. Aussi, prendrez vous grand plaisir de lire le petit livret que M. Duncan, médecin de Saumur, escrivit il y a 7 ou 8 ans sur le fait des religieuses de Loudun' : ce livret a toujours este fort rare, et ne s'est jamais vendu: j'en ay pourtant un céans, lequel je vous offre, comme aussi tout ce que dessus. Jacobus Carpentarius qui fut autrefois Recteur de l'Université et Professeur du Pioy, puis Docteur et Doyen de nostre Compagnie, et qui mourut en l'an lo74 a fait aussi un commentaire in Alcinoum Platonis, in quo multa habentur de Dœmonibus^ ; il y suit particulièrement la piste et les opinions de Fernel, qui en ce cas là a esté grand Platonicien, et qui a bien plus fort cru que moy en la démonomanie. Un certain Thyrœus, Loyolite allemand, a beaucoup escript sur cette marchandise'; mais il n'y a rien qui vaille en tout ce qu'il a fait: vous diriez que ces maistres moines ont pris à tasche de faire connoistre le diable, et de faire voir ses griffes au monde, afin qu'on ait recours à leurs fanfreluches
1. Lemnius (Lemmens Liévin), philosophe hollandais el médecin érudit, né à Ziriczée (Zélande) en 1505, mort dans la même ville en 1568. L'ouvrage signalé par notre auteur avait été publié à Anvers en 1559, in-12.
2. Duncan {Marc), d'origine écossaise, médecin à Saumur et professeur de philosophie au collège calviniste de cette ville. L'ouvrage relaté par Patin fut publié par lui sous le litre suivant : Discours sur la possession des religieuses iirsulines de Loudun. Paris, 1634, in-8". Dans cet ouvrage, Duncan attribuait la possession des religieuses à une affection hystérique.
i. « Epislola ad Alcinoum Platonis ». P.4Risiis, 1369, in-8°. Carpentarius {Jacobus), Cliarpentier {Jacques), né à Clermont (Beauvoisis) en 1524, mort à Paris en février 1574. D'abord professeur de philosophie au collège de Boulogne, puis recteur de l'Université en 15ij0, docteur de la Faculté de Paris, élu doyen en 1568-1569, il fut nommé \P professeur de mathématiques au Collège royal, malgré Ramus qui prétendait qu'il ignorait les mathématiques. Celte affaire dut être jugée par le Parlement qui donna raison à Charpentier et le maintint dans sa place.
4 De obsessis a spiritibus hominibus liber. Colooe, 1598^ 2 vol. 10-4".
spirituelles el ù leurs grains bénits. Uelrio en a l'ait aussi un volume tout plein in-folio, intitulé Dlsquisitlones Magicœ: qui est un livre tout plein de sottises '. Je pense qu'il n'a escript ce livre que pour faire sçavoir à la postérité qu'il estoit fort sçavant en diablerie. Andrœas Csesalpinus a fait aussi un traité intitulé Iiivestujalio Dœmonum Peripaletlca ' : qui est un petit in-4'', de Venise ; mais il y a de bonnes choses dans un tout petit in-8" inlilulé Raguse jus de divinalione, pour un certain miracle prétendu par quelques moines d'Italie. Et à tant de la Diablerie.
Je vous prie de m'excuser de ma longueur et de mon importunité; et vous baise très humblement les mains, avec dessein d'estre toute ma vie,
Monsieur, Vostre très humble et très obéissant serviteur.
Patin .
De Paris, ce 16 de Novembre 1643.
De Spon au revebs 1644. Edit. d'Amsterdam 1718.
Paris, xvi novembre. Lyon, — de La Haye 1718.
XXI DUDIT. RiSPOSTA ADI — DE PARIS 1816.