Passage précédent supprimé dans les édit. anlei
2. Ayrault [René), né en loG7, mort en 1G44. Entré dans l'ordre des Jésuites en loSG.
je le mesnageray siprademment que personne n'aura occasion de s'en plaindre.
Pour vostre Parjait Joailler, j'ay veu ce livre en latin, que j'ay céans; mais je ne le pensois pas traduit; aussi croy je bien que c'est une nouvelle traduction. Je vous prie de me mander qui en est le traducteur, et si M. Huguetan l'a imprimé sur le manuscript. Le livre est dédie à M. de Monconis de Liergues, lieutenant criminel de Lyon '. Je sçay bien qui il est ; il a un fort beau cabinet et bien curieux. 11 y a environ vingt-deux ans qu'il eut icy un horrible procez contre des conseillers de Lyon, qui s'opposoient à sa réception en l'office de son père : c'estoitune grande affai re, en laquelle feu M. d'Alincourt" lui aida fort. 11 eut arresten sa faveur; il en fut fait un grand factom in-quarto, gros comme un livre, quej'ayquelque part céans, et que je vous offre, si vous en estes curieux. J'ai ouy parler de cette accusation, qui fut horrible, et à des gens du Palais, qui la scavoient bien, et à des Lyonnois, mais tous n'étoient pas du mesme advis. Le dit/ac/om a esté fait par M. Rouillard, advocat trèssçavant ; le rapporteur estoit un conseiller de la grand chambre nommé, ce me semble, M. de Croisettes. Si vous n'estes amplement informé de ce procès et du pourquoy, interroga seniores tiios. apprenez-le de M. vostre père"*; et si vous n'avez veu le/ac/07?i, je vous l'envoyeray. Il est pour M. de Liergues, mais tout-à-fait admirable ; comme le fait en estoit fort estrange, et presque aussi embrouillé que fut jamais la querelle de Scioppius contre Scaliger touchant sa noblesse*.
1. Monconis (Gaspard), Lieutenant criminel à Lyon, avait été accusé d'un sacrilège commis dans lEglise Saint-Denis. Cf. Catalogue des Faduins Bibl. Nat. T III. p. 6i)G.
2. Alincourt {Charles deNeufville. marquis d"), chevalier des ordres du Roi, gouverneur de Lyon, ambassadeur à Rome, grand maréclial des logis de la maison du Roi. mort le 18 janvier 16t2.
;'). Mathieu Spon, marié à Claude-Juliette Bernard. 4. Scioppius Gai^pard) né à Neumark (Palatinat). mort à Padoue en lGi9. Le premier grammairien et un des plus redoutables critiques
Vous me faites trop d'honneur quand vous me dites que je vous ay satisfait sur les points de ma thèse ; je le souhailte bien, mais je ne le croy pas ; j'ai un petit peu travaillé à en ramasser les preuves, et ne s'en faut 20 passages que je n'aye tout trouvé et cotlé, expropria loco unde memineram me desumpsisse ; j'espère quelque jour de les achever et de vous en faire part. Pour le gazettier, je vous prie de croire que c'est un mocqueur, et que le bruit qu'on vous a donné d'un arrest par luy obtenu au conseil est faux. Je ne double pas qu'il n'y ait fait ce qu'il pouvoit, et mesmes M. le chancelier l'a dit à quelqu'un ; mais il n'en a peu venir a bout '. L'arrest de la cour que nous avons obtenu contre luy subsiste et subsistera. Je vous asseure qu'il ne pense plus à la médecine ; mais il a bien envie de faire authoriscr un nouveau mont-de-piété, en récompense que son bureau d'adresse est à bas, aussi bien que sa juiverie, etc. Et mesmes quelques-uns de ses adhérans ont déjà quitté Paris, dont l'un est allé demeurer à Amboise, l'autre à Sentis, un autre en Normandie et un autre à ïroyes. Nous voyons l'accomplissement du passage de la passion : Percutiam pastorem et dispergentar oves. Nous avons l'arrest entre nos mains, en vertu duquel on poursuit le gazettier, pour le payement des despcns, tant de la sentence que de l'arrest, auxquels il est condamné. C'est un
du xvi« et du xvii« siècle. Il était l'ennemi des Scaliger — surtout du plus célèbre, Joseph Scaliger — qui avaient des prétentions à la noblesse et cette querelle sur leur origine paraît d'autant plus ridicule de sa part qu'il se parait lui-même des titres les plus pompeux : comte de Claravalle. comte Palatin, Patrice de Rome, etc.
1. L'infortuné « Gazetier », longtemps soutenu par le conseil du Roi sous le ministère de Richelieu qui enlevait ainsi l'affaire au Parlement, n'avait pas négligé cette suprême ressource. Dès le début des poursuites, il avait demandé à celle haute magistrature d'évoquer de nouveau sa cause devant elle. Mais celle-ci, modifiant sa précédente ligne de conduite, accorda, le 7 août 1043, les poursuites devant le prévôt de Paris. Après le jugement obtenu contre lui au Chàtelct le 9 décembre, il fit encore une nouvelle tentative, mais elle n'eut pas plus de résultat que la première. (Factum du procès entre T. Penaudot demandeur en rapport d'arrest et les médecins de l'Ecole de Paris demandeurs). Une fois l'arrêt du Parlement rendu, une troisième tentative devenait tout aussi illusoire.
coquin et un infâme scélérat' qui s'est, en ce procez, joué de riionncuv de la Faculté de Montpelier, comme un chat fait d'une souris, ou comme fait le singe de la pâte du chat, à tirer les marons du feu. S'il eutgagné son procez (ce qu'il ne pouvoit jamais obtenir) il eut emply et par son avarice et pour nous faire dépit, tout Paris de force charlatans, auxquels il eut communiqué son pouvoir, qu'il eut fait icy passer pour des docteurs de Montpelier, dont l'ignorance toute claire et bien avérée eut fait grand tort à cette fameuse Université. Nostre arrest n'est pas encor imprimé ; mais il le sera et en aurez des premiers, et par provision. Je vous advertis que le pauvre diable est bien humilié ; il voudroit seulement bien que nous voulussions pardonner à ses deux fils, et leur donner le bonnet après lequel ils attendent depuis quatre ans, et attendront encore ^ Il y a icy plusieurs personnes qui le menacent de nouveau, et qui sont de profession différente, qui luy feront encore bien de la peine, si son crédit ne se relève.
J'ai veu le livre que vous citez de Chiffletius, mais je ne l'ay pas. Pour l'apoplexie, plusieurs l'appellent ictus sanguinis ; mais le premier et le plus ancien de tous, qui luy a donné ce nom, est Aurelius Victor, ubi de vero imperatore, que in Aurelius Antoninus imperii consortem sihi Jecerai. C'est chose certaine que, venae sectio summum est pnvsidiam in apoplexia sanguinea ; mais je ne vous
1. " Un fourbe * dans les précédentes éditions, au lieu de : « c'est un coquin et un infâme scélérat ». Dans la plupart des lettres adressées à Spon, on relève des altérations de texte de ce genre, quand ce ne sont pas de nombreuses et longues coupures.
2. Un arrêt du Parlement du G septembre 1642 avait ordonné que les fils de Théophraste Renaudot, Isaac et Eusèbe, tous deux licenciés, devaient être considérés par l'Ecole comme docteurs et inscrits sur les registres en cette qualité. ÎNIais la Faculté s'était refusée à leur donner le bonnet. Ce ne fut qu'en 104-7 et 1648 qu'ils purent parvenir à se faire admettre au doctorat, après avoir abjuré, devant notaire, les actes et les oeuvres de leur père, ce que Patin appelle « la friperie du Gazetier ». Voici le relevé des dates de leurs grades sur le registre de la Faculté : Renaudot {Isaac). Bacc. 1630. Vexper. 2 décembre 1642. Docl. 23 décembre 1647. Paslill. 18 novembre 1648. Renaudot (Ëuscbc). Bacc. 1639-1640. Vesper. 11 j;invier 1648. Doct. 6 février 1648.
sçaurois dire pourquoy ce bon remède a esté omis par Chifllet'.
Je vous prie de dire à M. Ravaud que je luy baise les mains, et que la copie qu'il a de rEpitomc des Institutions de Sennertus, impression de Viteberg est fort bonne' ; qu'il n'a que faire d'en choisir d'autre, celle de Paris n'estant pas fort bonne et n'estant que postérieure ; pourveu que son édition soit correcte, je pense que cela sera bon. Je vous offre les Institutions de médecine de Petrus Servius, que j'ay céans, combien que ce ne soit pas grande chose'. J'ay mandé à Rome son autre hvre de Unguento Armario, quej'ay vendiez M. delhou, combien que je croye qu'il ne vaille guères. L'impression de l'Epitome des Institutions de Sennertus, de Paris, n'a point de privilèges. M. Huguetan devroit faire imprimeries Institutions de Hofmannus, ne forte siiperveniant Judœi, intelligo ipsam Epitomem, quain aactor habet pênes se; et le tout pour les bonnes et judicieuses raisons que vous m'alléguez. Toute la relation historique et anatomique du petit Marion est aussy élégamment par vous descripte qu'elle est estrange et remarquable ; c'est, ce me semble, cette espèce de fièvre hectique descripte par nostre Fernel. lib. 4. Pathol. qiiam constiluit ex prava visceris alicujiis diaihesi, natani.
On parle fort icy du duc de Lorraine et de son accord, et mesme, dit-on qu'il sera bientost icy '. M. le duc deBouil-
1. Chifflet (Jean-Jacques), né à Besançon en 1588, mort en 1660. Médecin de la Princesse des Pays-Bas et du roi d'Espag-ne Philippe IV. Entre autres importants travaux littéraires, a publié quelques ouvrages de médecine parmi lesquels il faut citer : Singulares ex ciirationihiis et cadaverum sectionibus observntlones : Parisiis, 1612, in-8" — Ouvrage attribue à son père. vr/rrr
2 Sennertus. Epitome instilutionuin medicanim disputai lonihus XVlII comprehensa. Witteberg.c, 163l,in-12. Il y eut, en eiTet, l'année suivante, une édition à Ltox, 16lo, in-12. — Les autres éditions sont : WiTTEBERGE, 1647 ct 166't. — Parisiis, 163i. — Londres, 1656.
3. Instiiutionem quitus lyroncs ad medicinam infonnantur libri très : Rome, 1638, in-12. Servius (Petrus), médecin et archéologue italien né vers la lin du xvi" siècle à Spolettc (Ombrie), mort à Rome en 1648, professeur de médecine en celte ville.
4. A l'entrée de la campagne d'Allemagne de 1644, Mazarin négociait avec le duc de Lorraine, dans l'espérance de lui faire livrer les places
Ion, voyant qu'on ne lui vouloit pas rendre Sedan, s'est retiré mal contant en Suisse, M. de Vendosme à Annecy en Savoie; on craint aussi que M. d'Espernon ne brasse quelque chose en Guyenne. Les curieux disent que sans doute, il y aura du remuement, et qu'il y a plusieurs choses qui se brassent in occulto, cela peut bien estre, mais on ne sçauroit moins dire. Ils disent que le roy d'Espagne ne manquera pas de faire tout ce qu'il pourra, more suo, pour nous brouiller et exciter en France quelque guerre civile; ce qui est assez malaisé, néantmoins, veu qu'il n'y a guère qu'un homme en France qui puisse authoriser un party de cette sorte, et partant, j'espère que cela n'arrivera point. Oq dit icy que les princes d'Italie sont d'accord avec le pape, duquel les neveux ont plus facilement et plus tost transigé, ayant senti le déclin beaucoup plus esvident et plus grand que de coutume de sa santé et de sa vie. M. d'Avaux, notre principal ambassadeur, est arrivé, il y a déjà longtemps, à Munster, ou estoient déjà trois députez d'Espagne, l'ambassadeur de Venise et le Xonce du Pape. Dieu leur face la grâce de nous y obtenir une bonne paix ferme et stable, et qui dure longtemps! Madame de Hautefort, dame d'atour de la Reine, qui estoit en fort grand crédit par cy devant, a esté pleinement disgraciée de la Reine, avec commandemeut de sortir de la cour bien viste, ce qui a esté exécuté. Quoy qu'il en soit, les degrez du Palais-Royal sont aussi glissants qu'ayent jamais esté ceux du Louvre. C'est un estrange pais, où les gens de bien n'ont guères que faire : exeat aula, qui valt esse pius. M. le Mazarin est le grand gouverneur, tout le reste tremble ou plie soubs sa grandeur cardinalesque.
On tient pour certain que la Reine partira dans un mois tout au plus tard pour aller à Fontainebleau y passer une partie de l'esté. ^Après avoir bien cerché, enlin j'ay trouvé
qu'il occupait dans le Palaliiiat, ce qui aurait donné à la France la clef du passage du Rhin. Mais ce Prince s'entendit au contraire avec l'Espagne.
l'Epilome des Inslilutions de Sennerlui. Elles sont in-12 de l'an 1631, chez M. P. Billaine; il n'y a aucun privilège. Si M. Ravaut se délibère, de limprimcr, je souhaitte fort qu'il en aye bon débit : mais je vous diray librement qu'il y a des livres de nostre mestier dont le débit seroit bien plus asseuré que cela : je m'en vay par exemple vous en citfer quelques-uns : J. Riolani Patris Commentarii in libros Physiologicos et de abditis rerum caiisis Jo. FerneliL cum nonnallis opiisculis'. 11 y a plus de cincqans qu'il ne s'en trouve aucun icy à vendre, ny relié, ny en blanc : et néantmoins tous nos escholiers le demandent tous les jours : il est très excellent et pour les maistres et pour tous ceux qui commencent : c'est un in-8 qui peut tenir en moins de 40 fueilles de cicero, qui vaut mieux que le Perdulcis mesmes, dont on s'en va en faire icy une nouvelle et 3"!" édition ^: Si M. Ravaut y veut penser je luy en envoyeray une copie . je tiens pour très certain que ce livre seroit de bon débit] '. 11 y a 22 ans que fut icy imprimée, in-4, Pharmacia Renodœi, en latin que M. de la Serre, vostre collègue a traduite in folio \ On n'en trouve plus du tout, il y a plus de 6 ans : ce livre mérite bien fort une nouvelle impression et seroit bien reçeu. Jepourrois à cet effet fournir une copie où il y a horriblement des corrections très utiles. J'en diray de mesme des œuvres de M^" du Laurens, in-i, en latin %
1. Ad libros Fernelii de abditis rerum causis Commentarii; 159S, in-12, 1602, in-S». — Prœlectiones in libros physiologicos et de abditis rerum causis. Accesserunt opuscula quœdam philosophica. Parisiis, 1602, in-S".
2. Cf. la note de l'édition et celle de Bartholomaei Perdulcis : Lettre du 12 novembre 1639.
3. Tout le passage précédent a été supprimé dans les éditions antérieures.
4. La (' Pharmacia Renodsei » (Voir Renodœus. Note : Lettre du 18 janvier 1633). Fut traduite par Louis de Serres, de Lyon, sous le titre suivant : Œuvres pharmaceutiques : Lton, 1637, in-folio.
;i. Du Laurens (André), né à Tarascon, le 9 décembre 1538. Docteur de la Faculté de .Montpellier en 1583; professeur en IHSe, médecin ordinaire du roi en l.")08, chancelier de la Faculté en 1603, médecin de Marie Médicis la même année, premier médecin de Henri IV après la mort de Michel Marescot, en 1606, mort à Paris le 16 août 1609. Fut des plus remarquables médecins du xvte siècle. Patin avait lui-même publé une
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et tout au uioins de l'anatomic qui est aussi nécessaire quelle est rare. Fernel tout entier seroit aussi fort bon, mais in-folio, de beau papier : car tous les curieux et bibliothéquaires, qui sont doresnavant icy en grand nombre, le cerchent partout sans le pouvoir trouver.
Le petit livret in-8 de M. de Saumaise, de Calcula,. seroii aussi fort bon, comme le livre qu'a faitPrimrosius, médecin de Bordeaux, qui est de présent en Angleterre, de vulgi erroribus in Medicina : Ce n'est qu'un petit iu-12 '. Les œuvres cbirurgicales de Gourmelen, en i parties, in-8' en françois sont aussi très excellentes " : ou bien un certain Thrésor de Chirurgie, qui est le livre de Hippocrate, de Vulneribus capitis.^ traduit et illustré de fort bons com-
édition de ses ouvrages qu'il recommande à Spon pour une nouvelle publication. Les œuvres de Du Laurens étaient écrites en français. Gui Patin les traduisit en latin. Elles furent publiées sous ce titre : Andrese Laurenlii opéra omnia anatoinica et medîca, studio et opère Giiidonis Palini ; Parisiis, 1628, 2 vol. in 4°, ces deux volumes ornés de deux beaux portraits, l'un de Henri IV et l'autre de Du Laurens, contiennent les ouvrages suivants :
Historia anatomica. Libri XII.
Tractatus de crisibus. Libri III.
Tractatus de strumis. Libri II.
De visu et eiim conservandi modo.
De morbis melancholicis et eorum curatione.
De catarrhorum generatione et eos curandi modo.
De senectute, ejusque salubriter transigendœ ratione.
De arthritide. 1 Conférences dictées par Du Lau-
De elephantiasi. > rens aux chirurgiens de Montpellier.
De lue vcnerea. \ — lo87-lo88.
Patin fit paraître le : Brevis commenlarius in artem parvam Galeni, dicté à la Faculté de Montpellier par Du Laurens (Io89-lo90) et les Consilia medica de ce médecin que lui confia son ami Naudet.
1. Primerosius — Primerose, — né à Saint-Jean-d'Angely, mort en IGGOen Angleterre. Après avoir fait ses premières études à Bordeaux, il prit le bonnet de docteur à Montpellier en 1617 et fut s'établir en Angleterre. Son livre de vulgi erroribus eut plusieurs éditions : Amstelodami, 1639 ; RoïERODAMi, 1658, 1668; Llgduni, 1604 ; en français, Lyon, 1689.
2. Gourmelen {Etienne), né en Hasse-Brctagne, docteur de la Faculté de Paris vers loo9, doyen en lo74-lo7o, lecteur et professeur en chirurgie au Collège Royal où il remplaça Martin H Akakia, en lo88, mort en ly94. Ses œuvres parurent sous le titre: Synopseos chirurgiœ libri sex ; LuTETi.E, \oC)(j, in-S» ; en français : Guide des chirurgiens. — Chirurgiœ artis ex Ilippocralis et veterum decretis ad rationis normam redactse libri très ; Luteti^e, 1o80, in-8°.
mentaires par M. Dissandeau, médecin de Paris, qui est mort à Saumur, comme le livre y a esté imprimé. Si en tout ce que dessus, il y a quelque chose à vostre souhait, je vous l'offre et à M. Ravaud ; mais je suis certain qu'il n'y a rien que de bon. Les compagnons chirurgiens sont gens fort avides de nouveaux livres ; et s'en débitent icy plusieurs en grand nombre. Que si tout ce que dessus ne vous semble pas bon, faites luy avoir quelque manuscript de quelque professeur de Moutpelier, qui soit bon tant pour sa doctrine que pour sa nouveauté, à laquelle tout le monde court. Et nova cuncla placent. La Pratique de M. Rivière se débite icy fort bien et fort lieu reusement, au profit du libraire '. M. Rivière ^ peut dire de son livre ce que Martial a dit quelque part de sa poésie :
Sunt quidam qui me dicimt non esse poetam, Sed qui me vendit hibliopola pulat .
Tous les opuscules d'Erastus seroient aussi fort bons in-4, ramassez tout en un volume : Si on les imprimait de cicéro, je pense que le tout ne passeroit point 80 fueilles : mais ce seroit un livre optimœ frugis ; il a du suc et de la chair, du sang et de l'esprit, par-dessus tous les modernes. Leonardus Botallus, de sanguinis missione ' est aussi fort bon, tant à cause qu'il est rarissime qu'à cause que la saincte et salutaire saignée commence à s'espandre heureusement par toute la France plus aisément et plus favorablement que jamais. Tous nos libraires sont tellement embarassez de deçà en l'impression des livres nouveaux qui portent privilège, ou en l'édition des romans, ou des livres de dévotion, (j'eusse mieux fait si j'eusse escript