Cf. la noie de Beverovicius : lettre du 1^ août 16W
A BEVEREVOGIUS 381
brevi scripto significcs ut valeas, ut nostri memineris, et quid novi operis perficias. Ab eo quoque Germano medicam thesim accipies cui antehac prœfui, quam magnum hic meruisse plausum ab omnibus inteUigo.
Vale, vir clarissime, et me, quod facis, amare perge.
Lutetiae Parisior., XUI Martii 1644.
GuiDO Pati>'us.
Lettre n'ayant pas été publiée dans les éditions antérielres,
Mss. 9358, FOL. 85.
LETTRE CV A Monsieur Belin, Docteur en médecine, a Trotes.
MONSIEUK,
Je vous remercie de l'honneur que me faites par vostre dernière; je suis bien aise qu'avez trouvé ma thèse belle : elle a eu de deçà tant dapplaudissement, qu'en voilà tantost deux mil exemplaires de distribuez : car il ne m'en reste pas encor un cent. Rancidalo ore loqui, qui est dans Martial^ est proprement parler Renaud, comme font les ladres de Provence et croy qu'il ne se peut guères autrement expliquer en latin. Un grand et solennel arrest de la cour donné à l'audience publique, après les plaidoyez de cincq advocats, et quatre jours de plaidoyeries, a renversé toutes les prétensions du gazettier, et a aussi abbattu son bureau où il exerçoit une juifverie horrible et mil autres infâmes mestiers. L'arrest sera imprimé avec les plaidoyers des advocats, mais ce ne sera que pour après Pasques : dès qu'il y en aura d'imprimez, je vous en feray tenir quelque exemplaire.
Je ne me souviens pas d'avoir par cy-devant reçeu de vous des vers du chancelier de l'Hospital, in Capellanwn et Castellanuin Medicos. Ce premier estoit fort sçavant ; il estoit docteur de nostre Faculté ; il fut fait après Fernel premier médecin du Roy Henry II, et mourut l'an loG9. M. de Thou a remarqué sa mort comme d'un habile homme, il avoit doctement travaillé sur Celse; ce travail infeliciter periit\ M. Castelan estoit docteur d'Avignon, natif d'Arles
1. Chapelain (Jean), docteur de Montpellier, en lo3(3 ; premier médecin de Henri II, de Fran<;ois II et de Charles IX. Cité, en effet, avec éloge par
A BELlN 383
en Provence, propre frère de la mère de maistre André du Laurens, qui a fait cette belle anatomie, et qui est mort l'an 1609, premier médecin du Roy Henry IV '. M. Chapelain fut aussi premier médecin des rois François II et Charles I\. Je sçay bien quinter epislolas Mlch. Hospitalis°\ page 380, il y a des vers sur la mort de ces deux grands hommes, qui commencent ainsi :
Divisi palria longa regione locorum, etc.
Si les vostres commencent ainsi, ne vous en mettez pas en peine, puisque je les ay. M. vostre fils apprend assez bien, et espère que vous en aurez contentement ; il ne va pas viste, mais il sera meur et sage. Les jésuites ont icy esmu un gros orage contre M. Arnauld, mais j'espère qu'il s'appaisera à leur confusion. On dit que le pape est en enfance. M. de Vendosme se voyant perséquvUé, est sorty
deThou qui raconte qu'il mourut en 1569 d'une affection pestilentielle contractée au siège de Saint-Jcan-d'Angély, de la même maladie et dans la même maison que Castellan, premier médecin de Catherine de Médicis, aveclequel il était extrêmement lié. Chapelain était un érudit. Le Celse dont il est question dans la lettre ci-dessus était surchargé de ses corrections. Ce travail ne fut pas perdu, comme le dit Patin, puisque nous voyons dans une lettre postérieure qu'il s'en était rendu possesseur et qu'il le prêta à Van der Linden, professeur à l'Université de Leyde qui préparait lui-même la publication d'une édition de Celse. (Lettre à André Falconet, sans date, mais qui peut être classée vers l'année 1659).
1. Castelan {Henri) ou Du Chatel, né à Biez, en Provence. Docteur de Montpellier et Régent en 1544. Fut médecin do la Reine Catherine de Médicis, de Henri II et de ses deux fils François FT et Charles IX. Mort en 1569.
2. L'Hospital (Michel de), né à Aigueperse (Auvergne), en 1504. Mort à Bellebat, près d'Etampes, le 13 mars 1573. Chancelier de France sous François II et Charles IX. On sait que cet illustre magistrat excellait dans la poésie latine.
du royaume, et s'est retiré en lieu de seureté pour sa personne*.
Je vous baise les mains, à madame votre femme, à M. votre frère, et suis.
Monsieur, Vostretrès humble et très obéissant serviteur.
Patin.
De Paris, ce 14 de Mars 1644.
Edit. de Rotterdam 1695.
— iD. 1725.
— Paris 1846.
1. Après l'arrcslalion de son fils, le duc de Bcaufort compromis dans une conspiralion rentre Mazarin, le duc de Vcndùmc avait été relégué au château d'Anct. Bientôt, ne se sentant pas en sûreté, il passa en Italie où s'étaient réfugiés les complices de Beaufort (Cf. sa note : Lettre sans date, mais de février ou mars 16U1.
Mss. 9357, FOL. 17.
LETTRE CVI A Monsieur Spon, docteur en médecine, rue de
LA PoULAILLERIE, A LyON.
Monsieur,
Je vous envoyay, i! y a environ 12 jours, une grande lettre de plusieurs pages, touchant ma thèse, et l'arrest que nous avons obtenu contre le Gazettieret sesadhérans : J'espère que dans quelques sepmaines nous aurons le dit arrest tout imprimé avec les plaidoyez et entre autres celuy de M. l'advocat gênerai Talon : je tascheray de faire en sorte que vous en ayez des premiers '.
J'ay jusques icy tousjours attendu vostie pacquet du V février : mais combien que j'aye maintefois envoyé au coche, et qu'on ait tousjours parlé au maistre, nous n'en avons eu aucune nouvelle. Il dit qu'il ne l'a pas reçeu, et qu'il ne sçait ce que c'est : enfin, il a dit qu'il falloit
1. Voici l'arrêt du Parlement : a La cour a rcccu et reçoit les parties « de Deflita et Martin intervenantes ; et y faisant droit, ensemble svir « les appellations, sans avoir égard aux Lettres, a mis et met Tappel- « lation au néant ; ordonne que ce dont a esté appelé sortira son « plein et entier efTect ; condamne l'appellant en l'amende et " es dépens ; a ordonné et ordonne que dans la huictaine la Faculté (1 de médecine s'assemblera pour faire un projet de règlement pour « faire les consultations charitables des pauvres et iceluy apporter (( à la cour pour iceluy veu, ordonner ce que de raison ; et^ sur les « conclusions du procureur général, a ordonné et ordonne : que CI Renaudot présentera à ladite cour les Lettres patentes addressées à (( icelle par luy obtenues pour l'établissement du Bureau et permis- « sion de vendre à grâce ; et cependant lui a faict et faict très- « expresses inhibitions et défenses de plus vendre ny prester à l'ave- « nir sur gages, jusqu'à ce que aullrcment par la cour en ait esté (( ordonné ; et que les officiers du Chasielet se transporteront chez u ledit Renaudot poiir faire inventaire des hardes qui se trouveront « en sa maison pour les rendre et restituer à qui il appartiendra ; et, » sur îa requcste des parties de Pucelle : y sera faict droit séparéce ment ainsi que de raison. Faict en Parlement le 1er jour de mars Cl mil six cens quarante quatre. «
vous mander qu'il n'estoit pas arrivé de deçà, afin qu'on prit garde à Lyon ce qu'il pourroit estre devenu, qui est ce dont je vous prie bien liumblement. II y a de deçà, beaucoup de gens, à qui j'ay donné goust des Institutions de Gaspar Hofmannus qui les désirent extrêmement ; je prie Dieu qu'il veille bien inspirer M. Huguetan de les mettre bientost sur la presse. M. Le Roy le jeune, s'en retournant d'icy à Lyon, a désiré de se charger de cette mienne lettre vers vous, qu'il m'a dit bien connoistre et qui fait particulier estât de vous, et de M. vostre père, dont j'ay esté bien aise. Nous aurons, dans peu de temps, la Logique, Morale, et Physique de M. du Moulin en 3 volumes in-8° ; dès qu'ils seront en vente, je vous en feray un pacquet avec quelques thèses qui me restent du dernier cours. M. le Prince d'Orange, M, Rivet' et autres honnestes gens ont mis la paix et ont rapatrié Messieurs Heinsius et de Saumaise, qui sont maintenant fort bons amis^: ce dernier fait achever son livre de primatu Pétri : et après il nous donnera de Manna et saccharo et son Dioscoride ; faxit Deiis. On fait les tables des 3 volumes de Comm. de M. Grotius m vêtus Testamentain : nous aurons tout dans un mois.
Je vous baise très h\imblement les mains, et suis de toute mon affection,
Monsieur, Vostre très humble et très obéissant serviteur.
Patin.
De Paris, ce 29 de Mars 1644.
De Spon, AU revers: Paris, Lettre n'ayaxt pas été
29 MARS. Lyon, 18 avril. publiée dans les éditions
RiSPOSTA, ADI 20 MAY. ANTÉRIEURES.
1 . Rivet, théologien protestant, né à Saint-Maixent (Deux-Sèvres) en 1573, mort à Ijrcda en 16ol. Il s'était fixé en Hollande où il devint gouverneur du prince Guillaume d'Orange, lils unique du sthathouder Frédéric Henri. H était le beau-frère de Pierre du Moulin.
'2. Voir dans la vie de Saumaise (Goujet T. IV) sa brouille avec lleinsius.
A âPON 38^
Mss. 9357, roL. 18.
LETTRE CVII A Monsieur Spon, docteur en médecine, rue de
LA POULAILLERIE, A LyON.
Monsieur,
Avant que de parler d'autres choses, je vous donne présentement advis que j'ay reçeu par vostre coche le pacquet que vous m'avez adressé avec tout ce que m'aviez indiqué ; il me semble que vous m'aviez promis une copie française du Divorcio céleste, que je n'y trouve point et que je n'ay jamais veue. Si cela se peut faire, vous me ferez faveur et je vous en prie '. Dans le pacquet que je recommence pour vous, outre quelques thèses, j'y ay mis un livre très rare et duquel on fait icy fort grand estât qui est une requête que le recteur de l'Université a présentée au Parlement, touchant la doctrine du père Ayraut, qui permet les homicides et les massacres, etc. Il y a aussi quelques advertissements sur le mesme subjet. C'est un livre inoctavo d'environ 22 fueilles d'impression. Pour celte doctrine du P. Ayraut % vous la verrez particuliesrement exprimée dans le petit livret intitulé : Théologie morale des Jésuites, etc., que je vous ay envoyé. On m'a dit icy que depuis quelques années les jésuites de Lyon ont enseigné la mesme doctrine. Je vous prie de vous en enquérir sourdement et si vous en découvrez quelque chose, de m'en donner advis, si cela peut arriver à vostre connoissance ;