‹ Lettres de Gui Patin, 1630-1672Chapitre 147 sur 260 · LETTRE CXIX · texte numérisé non relu

LETTRE CXIX

A Monsieur Spon, docteur en médecine, rue de

LA POULULLERIE, A LyON.

Monsieur,

Depuis ma lettre et le petit pacquet délivré à M. le Roy, qui s'en est très volontiers chargé, tant à cause de vous qu'à cause de moy, j'ay le mesme jour receu la vostre, par laquelle j'apprends qu'avez receu la mienne du mois passé. Je voyois icy un Lyonnoisqui ne fut que légèrement malade, nommé M. Vauschore où m'avoit mené un M. Cerisier, lequel m'ayant veu une lettre pour vous, que j'ailois envoyer à la poste, me pressa si fort de la luy bailler, qu'il me l'arracha presque des mains, en me promettant qu'elle vous seroit rendue en toute asseurance, et la mit en ma présence en son pacquet : voilà par quelle voye elle vous a esté rendue. Le dit M. Vauschore vous connoît fort bien, et fait estât de vous et de toute vostre famille.

J'ay céans cincq traitez du Rodericus Castrensis, dont le quœ ex qiiib. en est un ' : si vous avez affaire des autres, je vous les offre aussi bien que tout le reste. Pour les Institutions de G. Hofmannus, je vois bien par vostre dernière que ce n'est pas viande preste : je m'en donneray patience, et tascheray de ne vous en plus importuner : M. lluguetan y a beaucoup plus d interest que moy, et m'estonne comment il n'y apporte plus de diligence : il n'eut jamais d'argent comptant de livre comme il aura de celuy-là. Je vous envoyé ce que desirez touchant la cataracte, et les thè-

1. Do Castro {Etienne Boderiquez) . — Le traité signalé par Patin porte le titre suivant : Quœ ex quibus opusculum; sive, de mutatione aliorum morborum in alios; Floke>tie, 1627, in-12; Ligdlm, 16io; Fr\>cojLRTi, lGi6, 1GG7.

ses du Chirurgien de St Gosme. Je m'estonnebien qui vous a dit que j'estoisl'autheur du petit traité delà Conservation de santé qui est derrière le médecin charitable : cela ne mérite pas vostrc veue. Je l'ay fait autrefois à la prière du bon médecin charitable mesme, M. Guybert ' , qui m'avoit donné le bonnet, et me pria de le faire le plus populaire que je pourrois, afin de le pouvoir joindre à son livre : il ne mérite pas que vous y mettiez vostre temps? Le passage du vin contre la peste est tiré de Riolan, in methodo gênerait ubi de peste : mais il n'est pas dans Plutarque ainsi : c'est une faute de M. Amiot qui l'a traduit, mais elle n'est pas toute seule, il y en a plus de six mil autres. Si je puis jamais prendre quelque loisir, je tascheray de raccommoder ce traité, et le rendre un peu meilleur qu'il n'est : et en attendant, je vous prie de me faire la charité de ne dire à personne que je laye fait, car j'en ay honte moymesme. Je n'ay rien à vous dire touchant les 4 ventricules ny leurs noms : je pense que cela n'a jamais esté mis en françois : je ne sçay si les chasseurs ne l'ont point fait en leur jargon de chasse. Je vous baise très humblement les mains, et suis,

Monsieur, Vostre très humble et très obéissant serviteur.

Patin .

De Paris, ce 10 de Novembre 1644 ^

De Spon. AU REVERS : 1614. Lettre n'ayant pas été

Paris, X NOVEMBRE. Lyon. XXI publiée dans les éditions

DUDIT. RlSPOSTA, ADI, XIX OC- ANTÉRIEURES. TOURE.

1. Guybert (Philippe), docteur régent de la Faculté de Médecine de Paris,le2ojanvierlGll,professeurdepharmacie,mort le 21 juillet 1633. Le traité de la conservation de la santé écrit par Patin fut ajouté à la 17" édition (1632). Cf. Note : Lettre du 18 janvier 1633.

2. Revcillé-Parise et les anciens éditeurs ont publié, datée du 10 novembre 16ii-, la dernière partie de cette lettre rhabillée avec des fragments de lettres précédentes.

Mss. 9357, FOL. 27.

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