‹ Lettres de Gui Patin, 1630-1672Chapitre 148 sur 260 · LETTRE CXX · texte numérisé non relu

LETTRE CXX

A Spo?j *

Pour responce à la vostre du penul [tiesme] de novembre, je vous diray que M. le Roy a les quatre livrets pour vous donner, dont vous estes en peine, lesquels j'espère qu'aurez reçeus avant celle-cy. Je n'ay point encore veu M. Constantin, ny la lettre. Je tascheray de luy faire bon accueil, s'il vient à moy, comme venant de la part d'un de mes meilleurs et plus intimes amis. Onuphrius Panvinius est un grand aulheur qui mourut jeune à Panorme, âgé de trente neuf ans : erat Veronensis eremlta Aiigustianus. Josephus Scaliger eum vocabat palreni historiœ, et omnibus ejusmodi scriptoribiis anteponebal '.

M. le président de Thou a fait souvent mention de luy . Tiulta scripsit ex quibus habeo paiiclssima. Je pense néant moins que celuy que vous avez veu imprimé depuis deux ans à Padoue l'a déjà esté autrefois. Si je puis recouvrer le Aristarchus Samius de Roberval, je vous l'envoyeray \ Phytologia Salmasiiopus est mihi incognitum, nondumquidquam de eo audivi, nec facile credo. Son Dioscoride ne peut pas estre imprimé ; il sera grec et latin, grand in-folio, avec des commentaires sur chaque chapitre, où il y aura

1. Cette lettre est sans adresse j mais elle est manifestement adressée à Spon.

2. Panvinio (Onofrio), archéologue et historien italien, né en 1529 à Vérone, mort le 7 avril lo68, à Palcrmc. Patin a écrit <( Panorme » {Panorinay Les cdit. aniér. ont rétabli <( PaJcrme ».

3. « Arislarchi Sainii de Mundi syslcmale parlibus et motibus » ; P.\ris, 164i, in-12. — Gilles Personne de Uobcrval, mathématicien français, né à Roberval près de Sentis en 16u2, mort à Paris en 1675. Professeur de mathématiques au Collège Royal en 1634, membre de l'Académie des sciences dès sa fondation, en 1665.

beaucoup d'hébreu et d'arabe, à ce qu'il m'a dit luy-mesme. Le livre de Spigelius, Semi-tertiana est assez commun '. je pense qu'il y sera avec quelque autre opuscule du mesme autheur, comme de Lumbrico lato "' et flsagoge in herbariam \ Plusieurs parleront ou feront parler à M. Huguetan pour ses Institutions de G. Hofmannus : il faut qu'il trouve moyen d'en envoyer icy de bonne heure, et de s'en faire bien payer. Le nouveau correcteur qui est allé à Lyon, n'est pas un grand personnage ; qiiadam siiperbia tiimet supra moclum et pauca novit ; vereor ne vestro Hofmanno vobisqiie faciat injuiiam. « J'ay céans : Varias lectiones Hofmanni* petit in-8° et Varias lecliones Marsi Cagnati^. Ces dernières sont aussi m Thesaiiro critico. Je vous ofTre l'un et l'autre. Reinesiam non novi\ Sylbiirgii notas in Gorrhaeum non vidi. Tout ce que j'ay céans est à votre service. Nos libraires n'ont aucun exemplaire du nouveau Théophraste ; ce qui en estoit venu a été aussilost vendu 7 escus la pièce en blanc ; i'ea prendray un quand il en viendra.

Pour celuy qui escript de l'Université de Montpelier, je ne sçay ni qui il est ni ce qu'il fera : mais il ne me fait non plus de peur qu'il me fera de mal. J'ay opinion que ce sera quelque travail de cogne Jestii, qui luy fera beaucoup plus de peine que d'honneur ; je ne sçaurois me mettre en estât d'appréhender ses pinçades pour nostre

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