Lettres choisies. Leyde, Elzevier
3. Œuvres diverses. Letde, Elzcvier, lt3ol. Brunet ne signale pas l'édition de 16i7 citée par Patin.
4. « Consiliorum medicinalium sectiones quiiujue » ; Fua>cofurti 1609. Solenander (Beinier), médecin allemand, né à Butrick, en 1521, mort en 1596 — Docteur de l'Université de Louvain — Toutes ses
jamais trouvé ce livre à vendre qu'une fois. Je ne scay ce que vous entendez par Penœ et Lobelii stlrpiam adversaria nova : pars prima, folio. Est-ce que vous avez l'autre volume intitulé Observalioncs ? Tout le reste qui vous manque se pourra trouver avec le temps.
Je vous baise très humblement les mains, à Madame Belin, à M. votre fils aisné, à MM. vos frères, à M. Sorel, à MM. Camusat, Allen et Galien, et suis pour toute ma vie,
Monsieur, Vostre très humble et très obéissant serviteur,
P ATI>' .
De Paris, ce 18 d'aoust 1647.
P. -S. J'avois escript cette lettre en intention de la donner à M. de Blampignon qui m'avoit promis de revenir, faute de quoy je vous lenvoye par le messager; il n'y a rien icy de nouveau, si non que Ion a mis en la Bastille M. de Fontrailles. celuy qui se sauva de Narbonne, lorsqu'on y prit MM. de Cinq Mars et de Thou '. On dit néantmoins que ce dernier fait n'est point capital. On va
œuvres sont réunies sous le titre: Ranerii Solenandri consilia medica ; Fr.vncofurti, 1609, in-i". Ce recueil de médecine pratique eut autrefois une très grande vogue.
1. Fontrailles (Louis d'Astarac, marquis de Marestang, vicomte de). Né au commencement du dix-septième siècle, mort en juillet 1677. Gentilhomme du duc d'Orléans, mêlé activement au complot de Cinq Mars, il s'était réfugié en Angleterre au moment de la découverte de la conspiration, et n'était rentré en France qu'après la mort de Richelieu. Compromis de nouveau dans les intrigues des Importants, il venait dètre mis à la Bastille.
faire à Grenoble, le procez au mareschal de la Motte Houdancourt '. On dit que la reine ira au Palais la sepmaine prochaine pour y faire vérifier des offices nouveaux. Du meliora !
Je vous donne le bonjour, Monsieur.
De Paris, ce 22 d'aoust 16 i7.
Edit. de Rotterdam 1695.
— iD. 1725,
— Paris 184fi
1. La MoUc-Houdancourt {Philippe, duc de Cardone, maréchal de), né en 1605, mort le 24 mars 1657. Mcstre de camp en 1633, maréchal de camp en 1637, maréchal de France le 2 avril 1642, il fut nommé vice-roi de la Catalogne le 25 juin de la même année. Après sa défaite devant Lérida (13 mai 16'ii) et son échec devant Tarragone, (9 août 1644\ il fut arrêté et emprisonné, le 28 décembre, à Pierre- Encise. Il comparut, en 1648, comme l'annonce Patin, devant le Parlement de Grenoble qui l'acquitta, et sortit de prison au mois de septembre 1648.
Edit. de Rotterdam 1725, T. 1 PAGES 32-31.
LETTRE CL A Falconet.
Monsieur,
Je me liens si fort obligé à votre bonté et courtoisie, que je ne scai comment vous rendre grâces du beau présent que vous m'avez fait*. Il \ a long tems. Dieu merci, que feu mon père m'a détrompé de l'opinion que les moines et les sots ont de ce philosophe que vous m'avez envoyé, hacteiiiis illiiin habiii viruinjusta et recta prœcipientem ; et néanmoins, vous et le bon M. Gassendi, serez cause que j'en ferai encore plus d'état. Je l'avois déjà, / mais je ferai un ami du mien, afin de garder et chérir davantage le votre, et le mettrai en bon lieu, cum Pinello, Peirescio, et afiis viris optlmis. Je pense qu'on imprime à Lyon un in-folio des notes du même M. Gassendi sur la vie d'Epicure qu'a écrite Diogenes Laërthis'; je voudrois qu'elle fut déjà faite, et la tenir pour ledojblede ce qu'elle coûtera : mais nous y pourrons arriver avec la patience. Je n'ai pas reçu la lettre que vous m'avez envoyée par le gentilhomme qui conduisoit les nièces et le neveu de son Eminence. Je vous ai trop d'obligation d'avoir si bonne opinion de moi, neqiie talis sum qiialem me censés ; mais je tâcherai de m'amender, quand ce ne seroit qu'afin de
1. Sans aucun doute, le livre de Gassendi. E[iicuri philosophia, studio P. Gassendi. Lucdini, 16i7, 3 vol. in-fol.
2. Historien grec ayant vécu probablement vers le milieu du troisième siècle. Sa vie d'Epicure est exposée dans le livre X de l'unique ouvrage qu'on possède do lui : De vitis, dogmotihus et npophtlicginatibus claroruin pliilosophorum. — C'est ce X^ livre que Gassendi publia avec un commentaire : Cf. note : Lettre du2i mors IGUS,
A FALCONET 8il
vous plaire et de vous rendre service en quelque chose. Comme je ne fus jamais à Montpellier, je n'en connois les médecins que par leurs écrits, eoqiie nomine pollssinmm colo L. Jouberlum, Varandœiim, Ranchinum; mais je me garderai bien de mettre en ce rang MM. Rivière et Courtaud, qui n'entreront jamais en comparaison avec Fernel, Tagault, Silvius, Hollier, Duret, Simon Piètre, Baillou et autres, magnus erit qiios nuinerare labor. J'ai toujours ouï faire grand état de votre M. Sharp ', Ecossois, qui est mort en Italie, mais je n'ai encore rien vu de lui ; on m'a dit qu'il y en a une physiologie imprimée ^ Je prise fort M. Hofmann, aussi bien que vous ; quand nous aurons de lui quelque chose de nouveau, je vous en ferai part, aussi bien que vous m'avez fait de votre Epicure. M. Spon, mon bon ami, vous dira le dessein que j'ai contre les apoticaires ; mais il me faut du tems et du loisir dont j'ai fort peu de reste. La petite vérole et la dysenterie ravagent ici, sed sine magno damno ; je me sers hardiment de la saignée, sans bézoar, à l'une et à l'autre, et belle procedU. Je l'ai ainsi apris de mon bon maître, M. Nicolas Piètre, il y a vingt-deux ans, nec pœnitet. J'espère que le carême prochain, nous imprimerons ici la Méthode de Galien et ses livres, de Sanitate iiienda ex versione el Comment. G. Hofmanni, ou bien, un autre, au lieu de celui-là; mais avant que cela soit achevé, vous aurez de mes nouvelles, et vous aurez vers Pâques quelques unes de nos thèses de cet hiver, dont une fera feu et flamme aux dépens de qui il apartiendra. Je vous prie de me continuer votre amitié, de laquelle je tâcherai de me rendre digne, et de croire que je serai toute ma vie,
Monsieur, Votre très humble et très obéissant serviteur.
Patin.
De Paris, le 29 octobre 1647.