LETTRE VII
V Monsieur Belin, docteur en jiédecine, demeurant A. Troyes, en Champagne.
Monsieur,
J'ay receu la vostre, belle et longue, de laquelle je vous remercie bien humblement, comme aussi de la thèse de M. du Chemin *, de laquelle je vous feray faire copie, et vousl'envoyeray, pourrendre àM. du Glicmin l'apothiquaire à qui je baise les mains, duquel je vous prie sçavoir s'il n'en a point d'autres, de l'asseurer aussi que quand il aura affaire de celle de deçà, laquelle il me veut bien céder par vostre moyen, je luy renvoyeray aussi. Ma pensée de vostre colère était fondée sur ces mots : Nunqiiam sus Minervam docehit, lesquels me sembloyent injurieux en quelque façon, qaocumque sensu acciperenlnr ; mais je voy bien, et l'ay bien creu, par cy-devant, que ce n'estoit non plus vostre dessein que mon désir; c'est pourquoy, à cela près nous demeurerons, s'il vous plait, en bonne intelligence, amoto omni fuco et omiïi subdola cavillatione. J'avois peur que ne trouvassiez pas bon ce que je vous avois mandé assez librement et brièvement de mon avis en ma première lettre, où je vous respondois de peste et contagio ; mais n'y pensons plus, je vous prie, ma terreur a esté en cela panique et ombrageuse, suivant de près mon naturel, qui ay toujours peur d'offenser ou de n'honorer assez les gens de mérite qui m'obligent de les aymer, comme vous estes et me faites. Quant à Fernel,