Date en marge do la main de Patin
douze ceat livres de rente en bénéfice, et qu'il se tue pour trop peu de chose. Je pense que c'est qu'il a peur de mourir, avant que d'avoir amassé du bien, pour laisser à des frères et à des neveux qu'il a en grande quantité. Et par cet exemple, je reconnois aisément que les passions entrent aussi bien avant dans l'esprit des philosophes. J'en suis pourtant bien marry, veu que c'est un honneste homme et digne d'un meilleur traitement auprès d'un tel maistre.
Le Chasteletavoit envie de juger les voleurs prévostablement et les faire exécuter aussi tost, mais il a esté ordonné que la Cour en connoistroit, de sorte qu'au lieu que dès samedy dernier ils eussent esté exécutez, ils ne le peuvent estre que jeudy ou vendredy prochain. Le nommé du Fresne est natif de Villeneuve d'Avignon '.
Voilà ce que je sçay pour le présent : je vous prie de me conserver en vos bonnes grâces et de croire que je seray toute ma vie,
Monsieur, Vostre très humble et très obéissant serviteur.
Patin.
De Paris, ce 22 de mars 1648'
Edit. de La Haïe 1718.
— DE Paris 1846.
1. Villencuve-lès-Avignon, aujourd'hui ch.-l. de c. (Gard). Sur la rive droite du Rhône, à 37 kil. E. de Uzès.
?. Datée du 13 mahs dans les vieilles éditions.
Mss. 9357, FOL. 32.
LETTRE CLVI A Monsieur Spon, docteur en médecine, a lion.
Pour responce à la vostre, que je viens de recevoir, je vous remercie de la joye qu'avez de ma convalescence ; ce ne sera que pour vous servir quand j'en auray le moyen. Vous usez doue de manne avec du séné ; je pense que le sirop de roses pâlies vous vaudroit mieux, minus calel et et tuliiis purgat. Le mal que vous me dépeignez de vostre aisné me fait peur ; la vérole et la rougeole sont les pestes du poumon ; iitinam tandem convalescat ! Le lait d'asnesse ne luy servira guères, si vous ne lui faites garder un grand et exact régime de vivre, et si vous ne le purgez de six en six jours, à cause de l'ordure que fait le lait. Dieu vous conserve les vostres et à moy les miens ! J'aime bien les enfans ; j'en ay six, et il me semble que je n'en ay point encor assez. Je suis bien aise qu'ayez une petite fille ; nous n'en avons qu'une, laquelle est si gentille et si agréable que nous l'aimons presques autant que nos cincq garsons.
Je suis très humble serviteur à M. Gras. Je vous prie de le luy tesmoigner et ay bien regret de ne l'avoir veu avant son départ, pour luy donner les dernières asseurances et la confirmation du service que je luy ay voué. Il recevra, par mon premier pacquet, un Encheiridium Anat. et Pathol. de M. Riolan, qui n'est qu'un petit présent au prix de ce que je voudrois luy donner. M. Constantin ne m'est point venu revoir depuis ; il me souvient seulement qu'il me parla des médecins et professeurs qui sont aujourd'huy à Montpelier avec beaucoup de mespris. Je vous promets
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que j'envoieray par le premier coche qui partira pour Lyon, ce pacquet de M. Huguetan, pourveu néantmoins que j'y puisse mettre qaehjuc petite chose*. Pour le portrait d'Alstedius, je ne l'ay jamais veu, combien que j'en ay céans grande quantité; je m'en enquerray et vous l'envoieray aussitost, si je puis le recouvrer". M. Meturas n'aime point à faire de changes avec ses compagnons, c'est pourquoy il a moins de débit. Tout est icy bien froid à la rue Saint- Jacques. On m'a dit que ce que M. Gassendi fait imprimer à Lyon est si gros qu'il en faudra faire deux volumes '. On rimprime icy in octavo le livre de la Perfection du Chrestien, attribué au cardinal de Richelieu, comme s'il estoit raison que les fourbes et les tyrans fissent des livres aussi bien que les sages, les foux et les ignorants \ Je n'ay ny ouy parler ny veu icy le 2^ et le 3*^ factom de M. le mareschal de la Motte, je vous prie de me les achepter et me les envoyer à la première commodité ^
La thèse de M. Guillemeau, en trois placarts, est achevée, on la fait en livre in-4 de Saint Augustin. Elle sera faite cette sepmaine, et puis après, je penseray à faire partir tout ce que je vous destine. J'ay escript à M. Hofman, vendredy dernier, qu'il m'envoye xp'^aoïj.. 1:0.601. avec promesse de lui donner du mien propre; puisque nous sommes en estât de ne rien tirer des libraires, je Iny envoierray un Botal. Le bonhomme ne connoit pas grand chose à la saignée. Pour le grand Simon Piètre, qui mourut l'an 1618, il estoit frère de Nicolas Piètre, nostre ancien aujourd'huy,il estoit le fils aisné de M. Simon Piètre, qui mourut l'an 1384. Il n'a rien escript que des annotations françoises sur les opérations de chirurgie de nostre Gourmelen, et d'autres an-